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Tome second.
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LIVRE VIII, Cil. III. UE LA LIBERTÉ

sont d’un prix relativement un peu élevé, de certains méritesqui leur soient propres, unis à leur qualité d’étranger. Il y aici à tenir grand compte du goût que les hommes ont partoutpour les choses qui viennent de loin, surtout quand elles serecommandent par des qualités particulières véritablementdignes d’être appréciées. Les produits de divers pays, qu’onappelle assez incorrectement similaires , diffèrent presque tou-jours assez pour ne pas s’exclure, malgré leur prétendue si-milarité. Autre chose sont, par exemple, les draps de Ver-viers et les draps de France, les toiles de France et celles deBelgique, les soieries du Levant ou de la Chine et celles deLyon. Les tissus de coton dont l’Angleterre inonde le globe,et qu’elle donne à des prix si bas, n’empêchent pas les nôtresde trouver hors du royaume un débit fort étendu. Nous en ex-portons annuellement pour plus de 100 millions, que nousplaçons sans ditlicullé, malgré la concurrence anglaise; et,chose étrange ! l’Angleterre elle-même qui en vend au mondeentier, nous en achète pour son propre usage pour plus de 5millions (*). Le tout, parce que nos tissus, bien qu’un peu pluschers que les siens peut-être, se distinguent par des qualitéstout a fait dignes de les faire rechercher, et ont en outre le sin-gulier mérite de venir de loin, d’être étrangers, d’être fran-çais; comme les siens ont à nos yeux, entre plusieurs autresmérites, le mérite tout à fait spécial d’être anglais. Il sulïi-rait presque toujours de ces différences qui distinguent lesproduits dits similaires des divers pays, et de cette faveurnaturelle et passionnée que rencontrent partout les chosesvenues de l’étranger, pour que les produits de chaque pays

(') Tableau général du commerce de la France avec tes puissancesétrangères pendant l’année 1841, publié par l’administration desdouanes, p. 21.