272 LIVRE VIH, Cil. III. 1)E LA. LIBERTÉ
tons annuellement, d’après les tableaux de la douane, pourplus de 500 millions de produits manufacturés, qui rencon-trent, à peu près partout, des produits plus ou moins sem-blables, et que probablement il nous en arrive autant aumoins que nous en exportons.
C’est singulièrement choisir son temps, convenons-en,pour chercher à restreindre les rapports commerciaux despeuples, que de travailler à resserrer ces rapports, alors pré-cisément que tout conspire a les amplifier-, que de prêcherà l’Europe l’isolement chinois au moment même où la Chinecommence à abaisser ses immuables barrières et à entrer enrelation avec le monde européen; que d’exciter les grandesnations à se claquemurer, à se replier de plus en plus surelles-mêmes, alors précisément que ces nations travaillentavec une émulation et une énergie communes a multiplierentre elles et avec le reste du monde les moyens de commu-nication, aies étendre, à les perfectionner, à les rendrechaque jour plus puissants et plus rapides; quand elles unis-sent les points les plus séparés du globe par des services deposte réguliers ; quand elles jettent sur l’Océan un nombretoujours croissant de ces ponts mobiles que la vapeur pousse,en toute saison, a travers les mers les plus orageuses, et quiarrivent à jour marqué ; quand elles lient entre elles par lesvoies les plus accélérées et les plus directes toutes les capi-tales du monde chrétien; quand leurs principales lignes deroutes et de chemins de fer rayonnent simultanément vers lafrontière, et sont dirigées de manière a s’y rencontrer et às’engager les unes dans les autres. Voilà pourtant le spec-tacle dont nous sommes les témoins. Jamais les peuples n’ontfait autant d’efforts pour se rapprocher, pour vivre en quelquefaçon d’une vie commune; et jamais, d’un autre côté, ne s’é-