DE l’industrie VOITURIERE. 273
tait manifestée une si vive et si universelle recrudescencede zèle pour le maintien, l’extension, l’aggravation du régimeprohibitif.
On dit qu’en fait, les grandes nations tendent de plus enplus a se suffire à elles-mêmes-, et l’on ne prend pas gardequ’au contraire elles se deviennent de plus en plus indispen-sables les unes aux autres, et qu’il n’ën est pas une dontl’activité ne fût, à beaucoup d’égards, détruite, et dont l’exis-tence tout entière ne fût profondément troublée si l’industrievoiturière cessait un instant de lui conduire, de tous lespoints du globe, les objets innombrables que réclament sestravaux et ses consommations. Qu’on songe à ce que les na-tions avancées de l’Europe sont indispensablement obligéesde tirer du dehors, seulement en objets nécessaires'a l’exer-cice de leurs arts manufacturiers, en coton, en soies, enlaines, en huiles, en peaux brutes, en bois de construction,de menuiserie, de teinture, d’ébénisterie; a ce qu’il faut seu-lement de coton à l’Angleterre pour suffire au travail de sesfabriques; à tout ce qu’il faut à la France, dont l’industrie,si restreinte encore et qu’on croit d’ailleurs si bien alimentéepar le territoire national, ne demande pourtant pas aux autresnations, en matières de toute nature, pour moins de 600 mil-lions de francs, chiffre seulement des valeurs déclarées à ladouane ; et qu’on se demande, après cela, ce que deviendraitl’industrie de la France, celle de l’Angleterre, celle en unmot de tous les peuples, si les relations qu’entretient entreeux l’industrie voiturière venaient à être interrompues, s’ilsvenaient à tomber dans cet isolement qu’on leur recommandeavec tant d’instance !
On dit encore qu’en fait, et eu égard aux accroissementsque prend la production intérieure, la masse des importationset des exportations diminue ; et l’on ne prend pas garde que
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