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Tome second.
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LIVRE VIII, Cil. III. DE LA LIBERTÉ

ploi le plus intelligent et le pins fructueux, et qu’on eût évitél’énorme déperdition de celles qu’a exigées partout la miseen œuvre du régime prohibitif; que, sous l’influence de cerégime, au contraire, on a partout donné, plus ou moins, àl’emploi de ses facultés et de ses ressources, une directionirrégulière et forcée; qu’on a négligé, en maints pays , lesindustries les plus naturelles pour cultiver celles auxquellesse prêtaient moins la nature du territoire et le génie des po-pulations; que bien des arts se sont établis ainsi hors deleur vraie place, ou s’y sont développés prématurément ;qu’on a été privé partout du surcroît d’excitation qui fût ré-sulté d’une émulation plus universelle; que, réduit à sapropre expérience, on a été forcé de faire les mêmes recher-ches et les mêmes découvertes partout; qu’on a épuisé desforces immenses à s’emprisonner chez soi, à s’exclure lesuns les autres, à se repousser le plus qu’on a pu; qu’on s’estplacé, comme à plaisir, dans les situations les plus compli-quées et les plus fausses; que l’instabilité naturelle des si-tuations s’est accrue de tout ce qu’on a prétendu faire pourles assurer et les rendre invariables; que les prohibitions,les droits protecteurs, les encouragements, les désencoura-gements, les mesures soi-disant pondérées, les primes accor-dées, retirées, rendues, ont accru dans une proportion in-commensurable l’incertitude déjà si grande des conditionsdu travail, et qu’enlin il n’est pas possible d’admettre qu’aumilieu d’un tel chaos de règles arbitraires, et dans un étatde choses si tourmenté, si contraint, si embarrassé, si rem-pli d’agitation et d’incertitudes, les industries des diversÉtats de l’Europe aient dû mieux et plus activement se dé-velopper qu’elles n’eussent fait dans une situation plus simpleet plus véritablement régulière.

Aussi la tendance ouverte, évidente des nations euro-