Band 
Tome second.
Seite
279
JPEG-Download
 

DE L 1NDUSRTIE VOITURIERE.

27ü

quelle opère, toutes ces facultés acquièrent plus de rectitudeet de développement. — On va voir que la puissance de cetteindustrie ne s’accroît pas moins par les moyens extérieursd’action que l’homme lui crée que par les forces qu’il a sului faire trouver en lui-même.

J’ai dit que tout art, pour agir, avait besoin d’un emplace-ment, d’un théâtre, d’un atelier, et que sa puissance d’actionétait d’autant plus grande que cet atelier était mieux appro-prié à son objet, qu’il était mieux situé, mieux construit,mieux disposé, mieux pourvu des instruments nécessaires.11 n’est pas difficile de reconnaître que ceci s’applique au voi-turage comme à tout autre art.

Les ateliers de l’industrie voiturière, ce sont les mers, lesgolfes , les baies , les rades, les ports , les bassins, les rivières ,les canaux, les ponts , les roules , les rues, les halles, les en-trepôts, les magasins , les boutiques. Voilà, en effet, les lieuxoù elle exécute sa fonction, celle qui la caractérise, l’actionde déplacer, de transporter, de rapprocher les choses de qui-conque en a besoin. Est-il nécessaire de dire que la libertéde ses mouvements dépend au plus haut degré de ces choseset de ce qu’on a fait pour les approprier à son action?

Il serait aussi impossible de se livrer au voiturage sanschemins, que d’exercer un métier sans établi. Il est au con-traire d’autant plus facile de voiturer, qu’il y a plus de voiesouvertes au voiturage. Plus il existe dans un pays de chemins,de canaux, de rivières navigables, et plus il y a de libertédans ce pays pour l’exercice de l’industrie voiturière. Plus,entre ce pays et les autres, on a créé de moyens de commu-nication , plus on a jeté de ponts sur les fleuves, pratiqué deroutes à travers les montagnes, parcouru, exploré, reconnules mers qui les séparent; plus, en un mot, il existe, dans