280
LIVRE VIII, CII. III, DE LA LIBERTÉ
chaque pays et entre tous les pays, de chemins ouverts etfrayés, et plus il y a partout de facilités, de puissance, de li-berté pour les communications et les transports.
On calculait, il y a vingt ans, que l’Angleterre, sur un ter-ritoire dont l’étendue n’est guère què le tiers de celle de laFrance, possédait quarante-six mille lieues de routes ordi-naires, cinq cents lieues de routes en fer, près de mille lieuesde canaux; et, comparant le développement de ces voies àcelui des établissements de même nature que la France pos-sédait sur une étendue de terrain trois fois aussi considé-rable, on ajoutait que ce dernier pays avait, toute proportiongardée , trois cents fois moins de routes en fer, vingt foismoins de canaux, onze fois moins de routes ordinaires. Ensupposant ces estimations exactes, la France, sous le rap-port de l 'étendue des voies ouvertes au voiturage , n’auraitdonc eu alors, d’un côté, que la onzième, d’un autre côté,que la vingtième, et d’un autre côté, que la trois-centièmepartie des facilités que l’Angleterre possédait pour l’exercicede l’industrie voiturière (*).
(') Le calcul de statistique que je viens de rappeler est de M. Ch.Dupin (Forces commerciales de la Grande -Bretagne). — Je conservecet exemple, qui est toujours lion pour la vérité qu’il s’agit ici de fairesentir, quoique les termes de la comparaison entre la France et l’An-gleterre aient dit grandement changer depuis l’époque où M. Ch. Du-pin écrivait. La France, qui n’avait pas alors, à l’état d’entretien,-4,000 lieues de routes royales, en a maintenant près de 9,000 ; ellepossède, achevées, plus de 8,000 lieues de routes départementales,dont (dus des deux tiers n’existaient pas. Ses 4,Ont) lieues de routesvicinales terminées, sur les 15,000 classées et en cours d’exécution,sont de création toute récente *. Autant il en faut dire de la plusgrande partie de ses 925 lieues de canaux, et surtout de scs 300 lieuespassées de chemins de fer. L’Angleterre, dans le même temps, n’estsûrement pas demeurée oisive; elle a singulièrement étendu surtout
’ Le chiffre exact, au SI décembre 1840, était de 12,002 lieues classées, et 3,006terminées. (Rapport du ministre de l’intérieur au roi, p. 112.1