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Tome second.
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LIVRE VIII, CU. V. DE LA LIBERTÉ

qu’il ne perdait par ce que lui coûtaient ces divers aides. —Si le chef d’une vaste exploitation rurale voulait se mettre àdiriger lui-même les diverses branches de travail, il ne pour-rait être à une sans négliger en même temps les autres, et ilserait sujet à faire des pertes sur toutes. Son premier besoinest d’avoir un second auprès de chacune, et la bonté de sonadministration dépend d’abord du plus ou du moins d’ha-bileté avec lequel il partage les détails de sa tâche entre sessubordonnés. Elle dépend ensuite de la manière dont il lesgouverne, du plus ou du moins d’art qu’il met à les intéresserà son affaire et à tirer parti de leurs facultés. Elle dépendenfin du degré d’attention et de jugement qu’il apporte àtoutes ses dépenses, c’estfii-dire aux frais spéciaux de chaqueculture, et surtout à ces frais généraux qui ne sont faits pouraucune récolte en particulier, mais que l’ensemble de l’ex-ploitation nécessite, et qui, dans toutes espèces d’entreprises,sont ceux sur lesquels il est le plus essentiel de veiller. Ontrouve sur ces diverses conditions d’une bonne administra-tion, et sur l’inlluence qu’elle exerce, les détails les plus in-structifs dans les Annales agricoles de Roville ( 1 ).

Si l’entrepreneur agricole ne peut se passer de talents ad-ministratifs, il ne saurait se passer davantage de l’espèce d’ha-bileté qui est nécessaire pour bien tenir ses comptes. On saitqu’il n’est pas de système de culture absolument bon. Tellemanière de faire valoir ses terres, qui est excellente dans tellesituation donnée, pourrait fort bien être vicieuse dans descirconstances différentes. Tel instrument coûteux d’agricul-ture qu’il peut y avoir de l’économie à employer dans unegrande exploitation, serait d’un usage onéreux dans une pe-

{*) V. notamment le t. I, p. 127 et suivantes, et le t. II, p. 180 à204.