Band 
Tome second.
Seite
426
JPEG-Download
 

4 ‘ 2 (> LIVRE VIII, CII. V. HE IA LIIIEIU'É

pas (l’art où le talent des applications exige, non-eulementsplus d’expérience technique, mais plus de sagesse sous lerapport de la spéculation, plus de ce genre d’habileté qui con-stitue le talent des affaires; et si l’on avait des doutes sur cepoint, il ne serait besoin pour les dissiper que de jeter lesyeux sur le nombre d’agriculteurs plus ou moins improvisésqu’ont fourvoyé les livres d’agriculture, et sur celui des vic-times qu’a produit ici l’abus des théories. Il est plus vrai dansl’art agricole qu’en aucun autre que les notions théoriques nesont une force que pour les praticiens très exercés. Elleségarent infailliblement tout le reste (*).

S’il faut en agriculture un talent spécial pour les applica-tions, cette industrie semble exiger aussi un talent de main-d’œuvre particulier, et cela pour la raison toute simple quecette industrie n’est pas, ainsi que nous le verrons plus loin,un art susceptible d’être exercé en fabriquent que tout s’y faiten quelque sorte par des outils conduits à la main. Il va sansdire qu’une telle circonstance demande ici à la classe ouvrièreun art dont elle est jusqu’à un certain point dispensée dansles choses qu’il est possible de faire exécuter par des ma-chines, et que le libre exercice de l’agriculture dépend in-finiment en conséquence du plus ou moins d’habileté de sesouvriers.

L’industrie agricole fait donc usage, à sa manière, et dansles limites que sa nature comporte, de tous les genres d’ap-titude qui tiennent à l’art, comme de tous ceux dont se com-pose le génie des affaires, et puise, comme toutes celles dontnons nous sommes occupés, une grande partie de sa puissancedans l’emploi qu’elle sait faire de cette classe de moyens.

Si, poursuivant le cours de nos remarques, nous voulonsexaminer maintenant comment agissent ici les habitudes mo-