de l’industrie agricole.
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Mais ce n’est pas véritablement la crainte des taxes exa-gérées qui empêche l’habitant des campagnes de tenir pro-prement ses champs, son jardin, sa demeure, ainsi que leschoses dont il jouit en commun avec ses voisins; c’est bienplutôt l’incurie, la paresse, le défaut de soins, l’absence dedignité morale. Né dans l’ordure, il s’est accoutumé à cetétat, ou, s’il lui répugne, il lui répugne moins que les effortsqu’il lui faudrait faire pour en sortir. Il ne sent point, ou nesent que très faiblement encore ce besoin d’améliorer sa con-dition, dont j’ai fait ailleurs l’apologie, et que j’ai appeléamour du bien-être.
Cette passion, si favorable au progrès de toutes les indus-tries, est de nature h exercer sur celle de l’agriculteur l’in-fluence la plus salutaire. Le propriétaire qui en est animé nese décharge pas sur des étrangers du soin de cultiver sonhéritage : il le fait valoir de ses propres mains. Il ne vise pasà s’agrandir outre mesure : il ne veut avoir que l’étendue deterrain qu’il se sent en état de bien exploiter. Il n’est pas en-nemi de ce qui peut rendre son domaine agréable, car sonpremier désir est d’être bien : mais, par cela même qu’il as-pire a le rendre agréable, il veut d’abord qu’il soit productif,et, dans ses efforts pour l’embellir, il tend toujours à l’amé-liorer. En même temps qu’il décore ses bâtiments, il s’efforcede les approprier a l’objet de son entreprise; ce qui contri-bue à l’ornement de ses jardins tend presque toujours a lesrendre plus productifs; il consent qu’on y sème des gazons,mais à condition de les faire servir de pâturages; il n’en ex-clut pas les arbres d’agrément, mais il y admet de préférenceles arbres fruitiers; les sentiers qu’il trace pour se promenerservent en même temps à la commodité de la culture; lesplantations d’arbres forestiers qu’il exécute autour de seschamps lui permettent de défricher ses bois. Comme le pro-