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LIVRE VIII, Cil. V. DK LA LIBERTÉ
intelligente de l’atelier agricole est de nature à faciliter lesopérations de l’agriculteur?
J’ai dit que l’organisation de l’atelier, en agriculture, n’é-tait pas une chose aisée. Une autre remarque à faire, c’estqu’il y est moins facile que dans les autres industries de rem-placer le travail de l’homme par celui des machines. Ceci tientencore à la nature de l’art agricole, qui oblige celui quil’exerce à se transporter successivement avec ses outils surtoutes les parties d’un terrain plus ou moins vaste et inégal.Il en résulte qu’à la différence de la fabrication, par exemple,qui agit sans se déplacer, et qui peut faire exécuter ses tra-vaux par une chute d’eau, un courant d’air, un fluide élas-tique, l’agriculteur ne peut adapter aucune de ces forces à sesustensiles aratoires, et n’en tire presque aucun parti (' ). Aussin’y a-t-il pas de comparaison entre la puissance des mo-teurs et des machines dont l’une et l’autre se servent. La plusgrande force motrice qu’emploie ordinairement l’agriculture,est un attelage de quelques chevaux, tandis qu’il arrive fré-quemment à la fabrication d’employer dans ses ateliers desmoteurs à vapeur d’eau de la force de cent chevaux et decent cinquante. La différence entre les effets produits n’estpas moins grande qu’entre les moyens employés. L’acfiondes chevaux que le laboureur attèle à sa charrue n’est sen-sible, dans un moment donné, que sur un seul point de saferme, tandis que celle des moteurs que le fabricant adapteà ses métiers se fait sentir en même temps et d’une manièrecontinue dans toute l’étendue de sa fabrique. S’il y a cetteinégalilé entre les machines qui produisent le mouvement, il
(') Elle se trouve , à cet égard, dans une situation plus défavorableque le voiturage, qui se prèle encore à l’emploi de ces forces, quoiqueà un moindre degré que la fabrication. Elle est des diverses industriesdont il a été question jusqu’ici celle qui en profite le moins.