de l’industrie agricole.
463
n’y en a pas moins entre celles qui le reçoivent et qui produi-sent l’effet utile. Quel est l’instrument d’agriculture dont onpeut comparer les effets a ceux de la grue, du laminoir, de lamachine à filer, et de cent autres à l’usage de l’industrie ma-nufacturière? 11 est évident que pour la force, l’étendue, larapidité, la précision, la délicatesse, l’effet des instrumentsaratoires n’approche point de celui de la plupart des outilsqui servent à la fabrication.
Et toutefois, malgré cette infériorité des instruments dontl’agriculture fait usage, il n’est pas douteux que, dans cet artcomme dans tous, le travail ne devienne d’autant plus librequ’on peut se servir pour le faire d’outils plus perfectionnéset plus puissants. 11 est incontestablement plus aisé de la-bourer la terre avec la charrue qu’avec la bêche, de l’ameu-blir avec la herse qu’avec le râteau, de l’ensemencer avec lesemoir à brouette qu’avec Je plantoir, et avec le semoir deDucket ou de Fellenberg qu’avec le semoir à brouette. Toutce qui épargne au laboureur le temps, la peine, la dépense,augmente évidemment sa liberté. M. Cordier observe qu’avecun cheval des plus faibles, attelé à la charrue appelée le bra-bant, on laboure, en Flandre, à la profondeur de six a huitpouces, et dans un terrain dur et argileux, un demi-hectareou quarante-sept mille quatre cent quinze pieds carrés parjour; tandis que dans la plupart de nos autres provinces, onne laboure par jour avec une charrue attelée de quatre bœufsou de deux chevaux que quinze mille pieds carrés, et seule-ment à une profondeur de quatre à six pouces ('). Il a étéconstaté dans un concours public, d’après le même auteur,qu’une charrue placée dans les mêmes circonstances qued’autres, c’est-à-dire labourant Je même terrain et tirée par
(') Agr. delà Fl. franç ., p. 149.