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LIVRE VIII, Cil. V. I)E LA LIBERTÉ
même nombre de chevaux, pouvait, dans le même espace detemps, exécuter six fois plus d’ouvrage ('). M. de Dombasleestime que la machine de Meikle pour battre les grains, quiest en usage en Angleterre dans toutes les fermes de quelqueétendue, augmente d’un dixième environ le produit brut, etd’un tiers au moins le produit net de la culture des grains (*).On voit par ce peu d’exemples, que la puissance du cultivateurpeut être fort accrue par l’intervention des machines, encorebien qu’elle soit loin de l’être au même degré que celle dufabricant.
L’agriculture a encore un désavantage : c’est que le travailne se divise pas aussi bien dans ses ateliers que dans ceux del’industrie manufacturière, et que, par conséquent, elle nepeut pas jouir, au même degré que cette industrie, des faci-lités qui résultent d’une bonne division du travail pour labonne et rapide exécution de l’ouvrage. La production desdenrées agricoles exige bien une certaine suite d’opérationscomme celle des produits manufacturés; mais ces opérationsne peuvent pas s’exécuter d’une manière continue et simul-tanée comme les travaux des fabriques. On ne voit pas dansun atelier de culture un certain nombre d’hommes constam-ment et simultanément occupés, les uns ! a semer le blé, d’au-tres a le sarcler, d’autres à le moisonner, d’autres à le battre,à le vanner, à le cribler, comme on voit dans une fabriqued’épingles, par exemple, un certain nombre d’ouvriers con-stamment et simultanément occupés, les uns à passer le lai-ton à la filière, d’autres a le couper, d’autres à aiguiser lespointes ou à façonner les têtes. Non : dans line manufacturede grains il arrive assez souvent que presque tous les travail-
(') Id., p. 223.
( 2 ) Ann. agr. de Roville, 1.1, p. 39.