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blique. En supposant la non-interruption de cette marcheprogressive de la fortune nationale, tel serait l’état auquelarriverait le pays en s’enrichissant de plus en plus chaqueannée; et comme alors toute espèce de danger et de difficultédisparaîtrait à l’égard de la dette, le but de tous nos arrange-mens financiers doit être de supprimer les impôts qui pèsentsur l’industrie, et les restrictions qui entravent le commerce,afin qu’il n’y ait plus d’obstacles à l’accumulation la plus rapidedu capital et de la fortune nationale. Tous ces lieux com-muns, toutes ces craintes rebattues sur le danger des inno-vations, ne doivent point empêcher cette réforme dans l’impôt,ces changemeris dans la législation commerciale. L’industrieserait alors affranchie, et tous ces restes de monopole si pro-fondément enracinés encore dans notre politique commerciale,disparaîtraient pour toujours.
Nous expliquerons dans les chapitres suivants la nature desréformes à introduire dans l’impôt. Dans les changeinens quenous suggérerons, nous ne perdrons pas de vue ce principe,que l’impôt nécessaire à l’Etat doit être perçu de manière àfaire perdre le moins possible au contribuable en argent et enbien-être, et apporter le moins d’obstacle possible à l’accroisse-ment de l’industrie et de la richesse nationales; nous n’oublie-rons pas en même tems cette autre considération importante,que dans cette matière, tout changement ne peut qu’êtregraduel, si l’on ne veut causer au commerce une pertur-bation toujours funeste, et réduire le revenu public au-des-sous de ce qu’exigent les besoins du service.