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Le droit sur le rhum est de 9schellings le gallon, c'est-à-dire1 schelling6 pences de plus que le droit sur les esprits anglais.Ce droit additionnel est établi dans la vue de protéger les dis-tillateurs anglais, attendu que les lois sur les grains, les obligentà payer le blé plus cher que son prix naturel. En sorte que dansl’échelle de tous ces droits divers sur les esprits, nous voyons desdroits protecteurs dont chacun est la conséquence d’un autreavec mie perte et un dommage manisfeste, dans tous les cas,pour le public. Ce sont d’abord les propriétaires terriers quel’on protège contre les blés étrangers. Secondement, ce sontles distillateurs anglais que l’on protège contre les planteursdes Indes Occidentales ; et troisièmement enfin ce sont lesplanteurs eux-mêmes que l’on protège contre les esprits étrangers.
Tant que les lois sur les blés seront en vigueur, il y aura lieud’indemniser le distillateur anglais, de cette intervention de lalégislature dans l’exercice de son industrie; et en conséquence,quelque soit le droit que Fon fixe sur les esprits anglais, celuisur le rhum devra toujours être 1 schelliug G pences plus élevé;mais il n’y a aucunement lieu d’accorder un droit protecteurau planteur des Indes-Occidentales contre les esprits étran-gers , parce qu’il n’y a pas de raison pour qu’il ne produise passon rhum à aussi peu de frais que les étrangers produisentleurs esprits.
Peu importe que l’effet des mesures que nous proposons fûtd’étendre l’usage d’une espèce de spiritueux plutôt que d’uneautre ; la chose' doit être tout-à-fait indifférente au Trésor,parce que peu lui importe que le droit soit perçu sur des espritsfabriqués à l’intérieur ou à l’étranger. La prospérité du Trésordépendra de l’étendue de la consommation des esprits légale-ment importés ou légalement distillés. L’arrangement proposébénéficierait au public, en conséquence de la réduction du prixdes spiritueux. Si plus d’eau-de-vie et de rhum et moins d’es-prits britanniques, venaient à être consommés, en revancheune plus grande quantité de produits britanniques seraient ex-portés en retour de l’eau-de-vie et du rhum. Il y aurait moinsde blé de vendu, et en conséquence le public aurait l’avantagede l’acheter à meilleur marché.