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De la réforme financière en Angleterre / par Henry Parnell ; traduit de l'anglais, sur la quatrième édition par Benjamin Laroche
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Il n’est pas facile d’estimer au juste ce que perdrait le Trésorà ce changement dans les droits; mais considérant l’augmen-tation de recettes qu’on obtiendrait sur les esprits d’Irlande etd’Ecosse, et l’accroissement de consommation des esprits an-glais et étrangers, qu’amènerait la réduction du droit, il estprobable que le découvert du Trésor ne s’élèverait pas à plusde 1. i,5oo,ooo.

On paraît craindre que la réduction du prix des spiritueux nesoit un encouragement au vice de l’ivrognerie. Nous ne croyonspas cette objection d’un grand poids. D’abord, il y aura unaccroissement dans le prix des esprits d’Irlande et d’Ecosse;ensuite, on peut répondre qu’en France, en Hollande, auxEtats-Unis, où les spiritueux sont beaucoup meilleur marchéqu’ils ne le sont dans ce pays, l’ivrognerie est beaucoupmoins fréquente que parmi nous; on peut répondre encore quel’encouragement donné à la contrebande par l'élévation desdroits, est bien plus funeste à la moralité du peuple, que ne leserait leur réduction, en rendant meilleur marché les moyensde se livrer à l’ivrognerie.

L’expérience nous apprend combien il est futile d’essayer derendre la morale obligatoire par des lois somptuaires ; il n’y aqu’un moyen d’arriver à ce but, c’est d’encourager la diffusiondes lumières, et d’introduire dans les classes inférieures demeilleures habitudes.

L’auteur de l’ouvrage Sur le revenu des Douanes, dit : s On ne» peut faire dans le système actuellement en vigueur pour la» répression de la contrebande, aucune réduction matérielle , »et la raison qu’il en donne, c’est que, sans ce système, Useraitimpossible de fournir au Trésor les moyens de faire face auxcharges publiques. Ce raisonnement n’est pas fondé; en effet,eu réduisant les droits sur les articles objets de contrebande,de manière à enlever au contrebandier tous ses bénéfices et àrendre son métier improfitable, il est bien vrai qu’il en résul-tera une diminution dans les recettes ; mais il y a plusieursmoyens de combler ce déficit. La question est donc de savoirce qui est plus dans l’intérêt public, de maintenir l’état actueldes recettes, et en même teins la contrebande, par le moyen