quer comment l’Angleterre, pays si favorable à la productiondes céréales, n’en produit cependant qu’une quantité de beau-coup inférieure aux besoins de sa consommation. Si les dîmesétaient supprimées, si par conséquent des capitaux plus consi-dérables étaient appliqués à la culture , nul doute que laproduction des céréales ne fût plus considérable, sans quepour cela il y eût diminution dans les profits. Car les dîmesproduisent le même effet que l’application de la culture à unsol de qualité inférieure; elles réduisent plus ou moins lesbénéfices des capitaux, et, comme les lois sur les céréales,elles servent à maintenir élevé le prix des grains. Si donc lesdîmes étaient remplacées par un impôt foncier, il y a toutlieu de penser que l’augmentation du capital qui serait appli-qué à la culture et aux améliorations dont elle est susceptible,amènerait une telle augmentation dans la production descéréales, que le prix en serait considérablement diminué, etl’effet des lois sur les grains beaucoup atténué.
Il est encore une autre circonstance qui empêche qu’unsurcroît de capital et de main-d’œuvre ne soit appliqué enAngleterre à l’agriculture, et par conséquent qu’un surcroît derichesse ne soit retiré de cette source d’industrie, c’est la cou-tume où l’on est de donner aux fermiers des baux trop courts.Afin de faire produire à sa terre tout ce qu’elle est capable deproduire par le système des prairies artificielles et des récoltesalternées, il faut qu’un fermier emploie un capital considé-rable et un grand nombre de bras. Mais des capitaux ainsiemployés ne peuvent rapporter qu’au bout de quelques années,et un fermier dont le bail n’est que d’un an, ne peut faire detels déboursés. Si la coutume était en Angleterre commeen Écosse , de faire des baux de 19 ans , les fermiersemploieraient de grands capitaux , le système de, cultureen Angleterre ne serait pas aussi inférieur à celui qui esten usage en Ecosse, et la quantité de blé produite en Angle-terre serait de beaucoup augmentée. L’Écosse est affranchie dela dîme, et cette circonstance est sans doute l’une de cellesqui ont contribué à donner dans ce pays, une telle supérioritéh l’agriculture; mais celle cause n’est pas la seule, car l’aboli-