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la liberté commerciale tout le mal qui affecte le commerce etl’industrie.
Les différences de climat, de situation , de sol, attribuentà chaque pays dans l’emploi de l’industrie, quelques avan-tages spéciaux et exclusifs. C’est en profitant de ces avan-tages qu’un pays fera le plus de progrès dans la production dela richesse publique. C’est ainsi que le capital de l’Angleterreest bien plus productif lorsqu’il est appliqué au charbon deterre, au fer, à l’étain et autres productions naturelles , ainsiqu’aux objets dont ces articles contribuent à diminuer les fraisde production, qu’il ne le serait appliqué à la fabrication d’ar-ticles qu’un pays étranger peut fournir à meilleur marché, enconséquence de certains ajStntages locaux. Toute protectionfiscale est donc un mal en ee'scns, qu’elle détourne l’industrienationale des branches de production auxquelles elle est le pluspropre (i). et une fois, imposée, elle crée une masse d’intérêtsfictifs, dont l’existence, dépendante du système qui les crée,est le plus grand obstacle à son abolition (2).
L’histoire du système de protection commerciale nous montresa naissance à une époque oii les . législateurs et les hommesd’état, n’entendaient rien à la véritable science commerciale.Il paraît que ce fut le ministre Colbert, qui l’introduisit dansla politique européenne. Avant lui, la Hollande fournissaitl’Europe entière d’articles manufacturés, et recevait en échangede ses voisins indigens, leurs produits bruts. Colbert, oubliantqu’on ne peut établir des manufactures dans un pays que lors-qu’il a acquis un capital considérable , et lorsque la nation estassez riche pour en acheter les produits, voulut à toute force,
( 1 ) Le but des impôts protecteurs étant d’encourager tels emplois decapital, de préférence à tels autres, sous ce rapport, ils entravent la pro-duction , « car les capitaux sont naturellement entraînés vers l’emploi le» plus productif. Par conséquent, tout ce qui les détourne de la direction» qu’ils suivraient de leur propre mouvement , a pour résultat de les faire» entrer dans une voie moins productive que celle qu’ils auraient pu» suivre. » Histoire de l’Inde Britannique, par Mill. Vol. I, page 25 1 .
( 2 ) Revue Parlementaire, session de i8a5, page G3i.
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