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leur marché possible et augmenter ainsi la somme de richesseet de civilisation universelle; si nous considérons, d’autre part,quels ont été les tristes résultats des nombreuses guerres quidoivent leur origine au système de protection commerciale etmanufacturière, nous ne pouvons nous empêcher de conclure-que les hommes d’état qui ont inventé ce système, ceux qui l’ontsoutenu et le soutiennent encore, méritent d’être rangés parmiles plus grands ennemis de la civilisation et du bonheur dugenre humain.
Le passage suivant que nous extrayons de l’admirable ouvragedeM. M e Cullochsur les principes de l’économie politique, noussemble si applicable au sujet qui nous occupe, que nous de-mandons la permission de le citer en entier M. M° Cullocli s’ex-prime ainsi :
« Il est aisé de voir que le commerce étranger , ou la divisionterritoriale du travail entre des pays divers et indépendants,contribue à accroître la richesse des différentes provinces dumême royaume. Comme il y a une bien plus grande diversitédans les facultés productrices que la nature a départies à descontrées différentes éloignées , qu’il n’y en a dans celles desprovinces d’un pays quelconque ; il semble qu’une liberté en-tière de communications d’un pays à un autre doit offrir pro-portionnellement plus d’avantages. Il est évident qu’il enconterait infiniment plus pour produire en Angleterre les vinsde France, les fruits de l’Espagne, ouïes sucres de la Jamaïque,que pour faire rendre au Yorkshire les produits du Devonshire.En effet, il y a des millions de produits , quelques-uns dela plus grande utilité, dont la production ne peut avoir lieuque dans certaines localités spéciales. Sans le commerce étran-ger, nous serions privés de thé, de café, de cotons en nature,de soie grège, d’épices, de lingots d’or et de milliers d’autresarticles utiles et précieux. Quand la providence a donné auxdiverses contrées, des sols, des climats et des productions na-turelles différentes, elle a voulu sans doute qu’elles s’aidassentmutuellement. Si des obstacles artificiels n’étaient mis à -leurs communications, chaque peuple se livrerait de préférenceà la branche d’industrie pour laquelle il a la supériorité, éclian-