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géant une portion de ses produits contre les produits qu'il pour-rait avec plus d’avantages, obtenir des autres peuples. C’estainsi qu’en stimulant l’industrie, récompensant l’habileté, etdéveloppant dans leur direction la plus avantageuse les donsde la nature, le commerce répartit le travail conformément augénie et aux facultés de chaque pays.
»En nous faisant connaître diverses productions que, sans lui,nous aurions entièrement ignorées, il nous communique denouveaux goûts et de nouveaux besoins, en même tems qu’ilnous donne les moyens et la volonté de les satisfaire. Il metchaque peuple à même de profiter des découvertes de tous lesautres, tandis qu’en mettant en rapport les producteurs et lesétrangers, il stimule l’industrie et le génie de l’invention, etoblige la routine à faire place à l’émulation. La division dutravail est portée à sa plus grande extension , la masse des pro-duits nécessaires et utiles, est considérablement augmentée etdevient de plus en plus générale. Sous d’autres rapports, l’in-fluence du commerce n’est pas moins puissante et salutaire.C’est par lui surtout que les bienfaits de la civilisation se pro-pagent, que les trésors de l’intelligence et de la science par-viennent aux points les plus éloignés du globe habitable; tandisque rendant les habitans de chaque pays tributaires des autrespeuples, pour une grande partie de leur bien-être et de leursjouissances , il constitue un principe puissant d’harmonie , etunit la société universelle des nations par les liens d’intérêtsmutuels et d’obligations réciproques (1). »
«Combien, » dit un écrivain français, « combien le spectaclede tous les travaux concourant à la production de la richesse,sans autre prééminence, ni distinction que celle que leur assurel’échange de leurs produits , est encourageant pour les classeslaborieuses, stimulant pour les peuples, favorable à la civilisa-tion, honorable pour l’humanité ! Dans ce système, tous leshommes suivant leur penchant, développent, perfectionnentleurs facultés, s’encouragent par une noble émulation, sont
fi) Principes d’Economie Politique , par J. P. M c CulJocli ; secondeédition , page i43.