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avertis à chaque ins tant du besoin qu’ils ont les uns des autres,se lient entre eux par des rapports habituels, s’attachent parleurs intérêts réciproques , et renouent les liens de la grandefamille du genre humain que la séparation des familles na-ionales avait brisée. Ces familles éparses sur le globe, ne sontplus étrangères entre elles, travaillent l’une pour l’autre, etcorrespondent ensemble malgré les gouffres des mers et l’as-périté des climats, les montagnes inaccessibles et les désertsinhospitaliers. Grâces au génie du commerce, et aux inépui-sables ressources de l’industrie, tous les périls sont bravés,toutes les difficultés sont vaincues, tous les obstacles sont sur.montés, et les bienfaits du travail général circulent dans lemonde entier ( 1 ) » .
La question est si importante , que nous croyons devoir citerencore l’opinion d’un écrivain qui fait autorité en matière descience commerciale.
« On peut affirmer sans exagération ,» dit M. Storcli, « qu’ily a peu d’erreurs politiques qui aient causé plus de mauxque le système mercantile. Armé delà puissance, il a ordonnéet défendu là où il devait se borner à protéger. La manie detout régler, inspirée par lui, a tourmenté l’industrie de millemanières pour la forcer d’abandonner sa direction naturelle.11 a fait considérer à chaque nation le bien être de ses voisinscomme incompatible avec le sien propre. De là le désir réci-proque de se nuire et de s’appauvrir mutuellement ; de là l’es-prit de rivalité commerciale qui a été la cause immédiate ouéloignée du plus grand nombre des guerres modernes. Ce sys-tème a stimulé les nations à employer la force ou la ruse pourarracher à la faiblesse ou à l’ignorance , d es traités de com-merce qui ne sont pour elles-mêmes d’aucune utilité réelle. Il aformé des colonies , afin que la mère patrie pût jouir du mon o-polede leur commerce et les forcer de s’approvisionner à ses mar-chés, enfin, le moindre mal qu’aitpu faire ce système à certainspeuples , a été de retarder les progrès de leur prospérité. Par-
(i) Des Systèmes d’Économie Politique, par Ganilh; édition de 1821.Tome I, page 175.