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tout ailleurs il a inondé la terre de flots de sang ; il a dépeupléet ruiné des pays, qu’il devait, selon l’opinion commune, éle-ver au plus haut point de richesse et de puissance (1 ) ».
Cependant, comme il y a encore des personnes qui croientà l’utilité du système de protection , l’explication des mauxdivers qu’il occasione, ne saurait être répétée trop de fois.
Quand les protections commerciales sont mises en vigueur,que l’admission des produits étrangers à bon marché est inter-dite, que ces mêmes produits sont fabriqués ou cultivés à l’in-térieur, mais avec des frais de production plus considérables ,alors le capital et la main-d’œuvre du pays qui exclut les pro-duits étrangers, cessent de créer la plus grande quantitépossible de production ; le pays est par conséquent plus pauvrequ’il ne le serait ; car. quand un pays consomme un article faità l’intérieur, qu’on aurait pu se procurer à meilleur marchéd’un autre pays, il emploie pour acquérir cet article, le travaild’un certain nombre d’hommes, de plus qu’il ne serait néces-saire d’employer, si cet article était importé, Le pays est doncplus pauvre de toute la valeur du travail de ces hommes (2).
Quand il faut moins de travail pour produire, ou moins d’ar-
(1) Cours d'Economie Politique, par M. Storch. Tome I, page 162.Edition de Paris.
(2) « Après avoir établi comme principe fondamental, que les diversarticles d’utilité ou de convenance, ne peuvent être obtenus que parl’intermédiaire du travail, il s’ensuit nécessairement que le grand pro-blème pratique de cette partie de la science , qui traite de la productionde la richesse, doit se résoudre dans la discussion des moyens de rendre letravail le plus fructueux possible, ou, en d’autres termes, il s’agit de trou-ver le moyen d 'obtenir la plus grande somme de produits nécessaires , utileset désirables, avec la moindre dépense de travail possible. Toute mesure teiî^dante à ajouter à la puissance du travail, ou ce qui est la même chose ;à réduire les frais de production, doit ajouter proportionnellement h no smoyens d’obtenir la richesse : tandis que toute mesure qui tend à dépen-ser en pure perte le travail, ou à élever les frais de production, doit éga-lement diminuer ces moyens. C’est d’après cette règle simple et décisive,que nous devons juger de l’utilité de toutes les mesures qui affectent la ri-chesse du pays. Principes d’Economie Politique, page 7$.