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gent pour acheter une quantité suffisante d’un article quel-conque, il est clair qu’il reste une plus grande somme de tra-vail ou d’argent, pour acheter ou produire d’autres articles, etque la somme des jouissances et des richesses nationales, doitêtre proportionnellement augmentée.
Comme l’élévation générale des prix, qui est la conséquencede la protection des diverses industries, est évidemment ungrand mal pour le public, on dirait que le principe sur lequelles défenseurs du système de protection commerciale ont éta-bli leur théorie, est celui-ci, que l’avantage des particuliers estbasé sur le dommage public. La théorie de la liberté commer-ciale est fondée sur un principe opposé; savoir, que la prospé-rité des particuliers est la source de la prospérité publique, etque le meilleur moyen d’assurer la prospérité des particuliers ,est de laisser chacun employer son capital et son travail commeil l’entend, au lieu d’intervenir législativement par des règle-mens, des primes, des monopoles, des droits protecteurs , desrestrictions. '
Le système de protection, en empêchant l’importation desmarchandises étrangères, diminue le? demandes pour l’expor-tation des marchandises de production britannique.
Tout commerce étant basé sur le principe de réciprocité,, toutpays qui refuse d’importer, doit cesser d’exporter. En excluantles marchandises étrangères, un pays fait tout juste ce qu’il fautpour éloigner de ses marchés les commerçans des contrées étran-gères. Et en effet, le résultat nécessaire, inévitable, de toutes lesmesures de protection , est de diminuer l’exportation au mêmedegré que l’importation.
Toute protection qui a l’air de servir une industrie, en ex rcluant l’importation , en lèse une autre en excluant l’exporta-tion : en sorte que le public paie toujours les frais de la protec-tion . par la perte de quelque branche de commerce, et l’éléva-tion du prix des articles protégés. C’est ainsi que se trouventdiminués le commerce étranger, l’emploi des navires et desmarins, et généralement l’application du capital et de la main-d’œuvre à l’accroissement de la richesse nationale.
L’état actuel du commerce entre l’Angleterre et la France ,