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jpréseUtë uns preuve décisive des inconvéniens du système pro-*tecteur. Dans le cours naturel des choses, deux pays si voisinsét possédant chacun tant de productions qui lui sont propres,devraient faire entre eux pour plusieurs millions sterlings decommerce; mais il résulte des états mis sous les yeux du par-lement, que la totalité de ce commerce, tant importationsqu’exportations, n’excède pas I. 3 ,000,000 annuellement.
Un autre mal résultant du système de protection, c’est l’éléva-tion des prix d’un certain nombre d’articles de commerce. Cesurcroît dans les prix, enlève des sommes énormes aux con-sommateurs des articles protégés ; en général, le public ignorequelle augmentation considérable est apportée au prix des ar-ticles par cette nature d’impôt.
Ce qui est certain , c’est que les prix sont augmentés si géné-ralement et à un tel degré par les droits protecteurs, qu’on peutdire qu’ils pèsent sur les ressources du pays et sur la facultéproductive du travail et des capitaux, d’un poids égal à l’impôtlui-même; en conséquence, la réduction du prix, suite de IVbolition des droits protecteurs, procurerait à toutes les classesde la nation le plus grand soulagement.
Il n’y a pas d’erreur plus grave que de s’imaginer que les pro-tections profitent d’une manière quelconque aux fabricans ;car, si d’abord elles servent à élever les profits, elles amènentune concurrence immédiate; car les protections n’étant diri-gées que contre la concurrence étrangère, rien n’empêchequ’à l’intérieur de nouveaux établissemens 11’exploitent les in-dustries protégées : il en résulte qu’en peu de teins les profitssont ramenés à leur niveau ordinaire. Mais, de fait, les per-sonnes qui exploitent les industries que la loi protège, sont plusexposées à souffrir qu’aucune autre classe de fabricans; car,comme les marchandises confectionnées sous la protection desdroits, sont nécessairement plus chères que les marchandisesétrangères de la même nature, toutes les fois que la concur-rence amène un encombrement dans le marché extérieur, cequi arrive continuellement, on n’a pas, pour désencombrer lemarché , la ressource'de l’exportation. En outre, les manufac-