Buch 
De la réforme financière en Angleterre / par Henry Parnell ; traduit de l'anglais, sur la quatrième édition par Benjamin Laroche
Entstehung
Seite
74
JPEG-Download
 

- 74 -

frais directs de ia protection accordée aux forges nationales ;elle en paye autant pour la protection donnée aux pro-ducteurs et aux fabricans de sucre de betterave; elle en paieplus ou moins, de la même manière, pour défrayer les frais dela protection qu’elle accorde aux autres industries (1).

On ne saurait admettre ici le lieu commun, qui consiste àdire que, si les marchandises britanniques n’étaient pas proté-gées, le bas prix de la main-d’œuvre dans les pays étrangers,les mettrait à même de fournir nos marchés. Car il ne s’en suitpas nécessairement que, parce que la main-d’œuvre est chèreen Angleterre, comparée à sa vàieur dans les autres parties del’Europe, ces pays seraient à même de lutter contre nous dansles productions manufacturières. Cet argument est fondé surune intelligence erronée des motifs qui déterminent l’expor-tation. Si l’Angleterre exporte plus que la France, ce n’est pasparce que les salaires y sont plus bas, puisque, par le fait, ilsy sont plus élevés, mais parce qu’en Angleterre, le total desfrais de production des marchandises exportées, est moindre quele total des mêmes frais en France. Les salaires ne constituentqu’une partie des frais de production. L’erreur serait de croirequ’ils en constituent la totalité ; et cependant il semblerait queç’est là l’opinion des hommes dont, nous combattons ici l’un desargumens (a).

On ne peut expliquer la persistance trop générale encore dansle système protecteur , que par cette indolence naturelle àl’homme, qui fait que les esprits les plus capables admettentsans examen les opinions depuis longtems établies. Il est con-solant, toutefois, que des notions plus exaotes sur cette matière,commencent à se propager, et qu’un grand changement se pré-pare dans l’opinion publique.

En 1820, il se passa une chose qu’on a eu raison de signalercomme marquant une ère importante dans l’histoire commer-ciale de ce pays; c’est la présentation à la Chambre des com-munes d’une pétition des marchands de Londres, dans laquelle

fi) Revue d’Edimbourg, 11" XCIX, article II.

(2) Revue Parlementaire, session de 1826, page 708.