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de conserver l’éclielle des dépenses au point précis où elle setrouve au moment actuel. Il n’y a pas de sophisme, d’insinua-tion, d’assertion auxquelles on n’ait recours pour résister àtoute tentative efficace de réduction. Non-seulement le gou-vernement et le parlement, mais le public lui-même, se laissentguider de cette manière, par l’autorité d’hommes officiels tou-jours disposés à maintenir dans leurs services respectifs , lepersonnel et le luxe le plus coûteux, plutôt que par les prin-cipes d’un sage système financier qui exige que les sommesemployées en préparatifs et en protection militaire soient régléessur l’intensité et la nature des dangers contre lesquels il faut seprécautionner.
Il est presque impossible à des personnes étrangères à l’ad-ministration , de démontrer le peu de fondement des motifs surlesquels on s’appuie pour défendre les dépenses du budjet; etmalheureusement de l’absence de preuves contraires résulletrop souvent l’opinion que la dépense est nécessaire. Il n’y adonc qu’un moyen d’établir la possibilité des réductions, c’estde raisonner sur des probabilités fondées sur des faits que cha-cun est à même d’observer. Bien que ce genre de preuves soitnécessairement imparfait, néanmoins en combinant ensembleles exemples de profusion qui ressortent de cet examen, onsera amené à des conclusions qui ne pourront laisser aucundoute à tout esprit impartial et désintéressé.
1° Quand nous considérons l’énormité des dépenses de l’armée,de la marine et de l’artillerie, comparées à ce qu’elles étaientpendant la paix qui a précédé la guerre de 1793, nous avons ledroit de conclure de prime abord que les dépenses actuellessont beaucoup trop considérables ; et c’est au gouvernement àprouver que les circonstances sont telles, qu’elles justifient uneaussi grande augmentation des charges publiques. On voit parl’enquête qui a eu lieu devant le comité des finances de 1828,que ce comité partageait l’opinion que nous venons d’exprimer;car il commença l’interrogatoire sur chacun des départemensque nous avons mentionnés, en citant une opinion identiqueexprimée parle comité des finances de 1817; et en demandantaux témoins d’expliquer les causes qui avaient pu conduire à