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De la réforme financière en Angleterre / par Henry Parnell ; traduit de l'anglais, sur la quatrième édition par Benjamin Laroche
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liminaires nous aient bien fait connaître l’objet et le but del’action gouvernementale et les motifs qui justifient l’appli-cation de l’impôt. Une grande erreur dans laquelle on tombegénéralement, c’est de croire qu’une dépense est suffisammentjustifiée par son utilité, tandis qu’il est constant que quelquepuisse être l’utilité d’une dépense, sil’on ne peut prouver qu’elleest indispensable pour atteindre un but d’intérêt public qui nepeut être atteint par aucun autre moyen , c’est une dépensesuperflue et qui doit être discontinuée.

C’est une opinion commune parmi les personnes qui, parleur position , exercent une influence considérable en matièresfinancières, qu’il faut d’abord s’assurer la recette la plus élevéepossible, et régler ensuite la dépense en conséquence. D’autressc laissent entraîner par leur sensibilité et leurs passions, etne s’étant point formé, par des recherches convenables,des principes arrêtés dans la science de la législation , ne man-quent pas de favoriser les dépenses et de résister aux demandesd’économies, toutes les fois qu’on fait un appel à leur huma-nité en faveur de quelque souffrance individuelle; oubliant'que ceux là souffrent qui payent l’impôt, nécessité par les effetsde leur compassion mal entendue et de la légèreté impardon-nable avec laquelle ils prodiguent l’argent de la nation. Si ceshommes consultaient les vrais principes de la matière, ils sau-raient que l’impôt est le prix dont nous payons l’aclion gouver-nementale , et que toute somme dépensée au-delà de ce qui eststrictement nécessaire à la protection de l’ordre social, età la défense nationale, est une profusion et un dommageinjuste et oppressif infligé au contribuable. Tout ministre, toutmembre du parlement, qui a le pouvoir de dépenser ou d’é-pargner l’argent de la nation, doit s’éfforcer d’empêcher queles besoins de l’Etat ne privent le peuple des moyens de pour-voir à ses propres besoins; et en conséquence, l’économie et lafrugalité qui sont des vertus pour un particulier, deviennentdans un poste public, et par l’immense influence qu’elles exer-cent sur le bonheur national, le plus pressant de tous les de-voirs.