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sont les moins élevés, par exemple dans le commissariat, etdans les bureaux du payeur général des marins, c’est là que sefait la meilleure besogne. Les commis du commissariat sont devéritables commis d’un rang inférieur ; ce ne sont pas les fdsde personnages importants. Ils sont contents de ce qu’ilsreçoivent, et s’acquittent fort bien de leur tâche. Le payeurgénéral des marins dit, dans sa déposition, que, dans ses bu-reaux , les Iraitemens sont plus bas que partout ailleurs ; qu’ilmet dans ses commis la plus grande confiance , et qu’il a be-soin de pouvoir compter sur eux.
Plus on examine la question des salaires , plus on reste con-vaincu que les salaires élevés ne sont pas seulement onéreuxaux contribuables, mais qu’ils ont encore pour effet de rendreles employés moins laborieux, et par conséquent qu’ils tendentà en augmenter le nombre. C’est une grande erreur que decroire que plus les traitemens sont élevés, plus les servi-ces sont remplis d’une manière satisfaisante. Les personnesdisposées à travailler pour de faibles émolumens, sont cellesqui se livrent au travail avec le plus de zèle. On peut donccompter qu’en donnant des traitemens peu élevés , on s’assu-rera des employés laborieux. D’un autre côté , un homme àhaut traitement dédaigne la besogne courante. 11 a plus demoyens de distraction et de plaisir. Il obtient plus facilementdes complices de ses méfaits, ou des protecteurs qui le garan-tissent contre la crainte de perdre sa place, ou empêchentque le blâme ne s’attache à sa conduite (i).
(i)«On attendait de la probité en raison de 1 élévation des salaires;comme s’il y avait un point de saturation dans la cupidité ; comme si lapuissance que confèrent les hauts salaires, n’était pas de tous les instru-mens, le plus efficace pour en acquérir davantage , et pour mettre celteacquisition à l’abri des poursuites et des châlimens. S'il est vrai que l’es-poir de l’impuuité soit un motif pour mal faire , et on ne saurait en dis-convenir, il est évident que les traitemens élevés sont plutôt un stimulantqu’un obstacle à la corruption. Eurke lui-même a dit à ce sujet que leshauts salaires éloignaient la nécessité de la corruption et de l’oppression,