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événement, une extension que n’admet pas une appréciationimpartiale des faits. »
On s’est tellement accoutumé à laisser la haute main auxofficiers de terre et de mer, employés dans le gouvernement,dans la fixation des forces militaires, qu’il y aurait lieu des’étonner si la limite raisonnable n’avait pas été franchie. Beau-coup de motifs personnels et de préjugés de profession, lesempêchent d’apercevoir le point précis où doit être cette li-mite. Un militaire tire un naturel et juste orgueil de la per-fection du service auquel il appartient; et il n’a pas des motifsbien puissants de s’enquérir de ce que cette perfection a coûté;on a donc tort de ne consulter que des militaires exclusivement,et de leur laisser le soin de décider des forces qui doiventcomposer notre pied de paix.
Pout tout homme sensé, il est évident que les préparatifsde défense doivent être renfermés dans les limites les plusétroites possibles, au lieu de recevoir les plus grands dévelop-pemens possibles. Trop de développement leur fait produireune grande partie des inconvéniens de la guerre. Des prépa-ratifs modérés, strictement proportionnés à la nécessité, etne s’étendant pas au-delà, épargneront plus de maux qu’ilsne feront courir de dangers ; tout ce qui va au-delà, occasioneplus de maux qu’il n’en empêche.
Par là, on appauvrit les nations, et on s’expose beaucoupplus aux coups d’un puissant ennemi, que si on les avait laisséeséconomiser, et gagner des forces pendant la paix. Nos flottesnombreuses et bien équipées, nos troupes belles etbien vêtues,donnent, j’en conviens, un air de magnificence; mais ceuxqui nous donnent ce spectacle, devraient bien se rappeler lesdroits qu’ont les classes industrieuses à une réduction de l’impôt.
Il faut le dire aussi, le public qui paie les impôts perçuspour défrayer les dépenses énormes qu’exige l’entretien del’armée et de la marine sur un pied bien supérieur à ce quedemande la nécessité, le public est blâmable à son tour, pourla facilité, pour l’empressement même avec lequel il prêtel’oreille à tous les prétextes mis en avant pour accroître cettedépense. À en juger par l’expérience, on peut affirmer, qu’à