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verms tirés de leurs capitaux par les propriétaires des colonies,sont dépensés comme tous les revenus provenant de fermages,et n'ajoutent rien à la richesse nationale; mais les profits ob-tenus par l’emploi des capitaux à des branches d’industrie na-tionale, servent à accroître la masse des capitaux, et en favo-risent conséquemment l’accumulation permanente. Du tout ilrésulte qu’on ne retire du commerce des colonies aucun avan-tage qu’on ne puisse se procurer sans elles.
Elles n’offrent pas même l’avantage que certaines gens leursupposent, d’étendre la carrière à l’emploi des capitaux. Les ca-pitaux qui fournissent des marchandises aux colonies, prépa-reraient encore des marchandises, quand même les coloniescesseraient de les acheter ; ces marchandises trouveraient desconsommateurs; car chaque pays renferme en lui-même undébouché pour tous ses produits. Avec la libre concurrence ,il n’y a donc aucun avantage à retirer de cette partie du com-merce colonial qui consiste à fournir des marchandises aux co-lonies, puisque ce commerce ne peut faire produire aux ca-pitaux que les profits ordinaires qu’ils produiraient naturelle-ment en l’absence de ce commerce (1).
Il y a encore beaucoup de moyens de donner aux capitauxun emploi profitable dans la mère-patrie : si de nouveauxmoyens étaient nécessaires, on les obtiendrait plus efficace-ment en affranchissant le commerce et en révisant les impôts ,qu’en augmentant les produits des colonies.
Ce raisonnement général que suggèrent les principes de laliberté commerciale contre les prétendus avantages des colo-nies, est complètement justifié par les faits. L’histoire des colo-nies, depuis bien des années, n’est qu’une longue série depertes et de destructions de capitaux; et si à tant de millions decapitaux privés, ainsi dépensés en pure perte, on ajoute lescentaines de millions prélevés par les impôts britanniques , etemployés pour le compte des colonies, la somme de richessepublique dont les colonies ont causé la perte, paraîtra vérita-blement énorme.
(1) Principes d’économie politique , par Mill , page 70.