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s La justice et la bonne foi exigent qu’on continue à payerl’intérêt de la dette nationale , et que, sous le prétexte de la né-cessité, on ne prive pas de ce qui leur est légitimement dû, ceuxqui ont avancé leurs capitaux, en vue de l’intérêt général.Mais, indépendamment de celte considération , il n’est rienmoins que certain qu’il résultât aucune utilité publique du sacri-fice de la probité politique. Il n’est pas du tout avéré que la por-tion de la nation affranchie du paiement de l’intérêt de la dettenationale, l’emploierait d’une manière plus productive que ceuxà qui il est incontestablement dû. En détruisant la dette, onélevera le revenu d’un homme del. 1,000 à 1. i,5oo; mais onabaissera le revenu d’un autre de 1. i,5ooàl. 1,000. Les revenusréunisdecesdeux hommes semontaientàl. 2,5oo. Ils s’élèverontni plus ni moins à cette même somme. » M. Ricardo ajoute :
« G’est se tromper étrangement que de croire qu’on procureraitau pays un soulagement réel, en affranchissant une classe de lanation du fardeau qui pèse justement sur elle , pour le faire por-ter sur une autre classe qui, d’après tous les principes d’équité ,ne doit en porter que sa part (1) « .
Le paiement de la dette impose une charge annuelle de 1.28,572,142 (2). Le prélèvement de cette somme a sur la richessenationale un effet tout opposé à celui que nous avons signalé àl’occasion des emprunts. Dans la perception de l’impôt destinéau paiement de la dette nationale , ce ne sont pas des capitauxavancés au gouvernement qui les dissipe et les perd; c’estune portion du revenu d’une classe de personnes, que l’on prélèvepour la payer à une autre classe, sous la forme de dividendes.Cette opération ne cause donc aucune diminution positive de larichesse nationale; quand on paie, sous la forme de dividendes,une somme annuelle de 1. 28,000,000, on ne fait en réalité quetransférer cette somme de la bourse d’une portion de la nationdans la bourse d’une autre ; en sorte qu’il ne résulterait, par lefait , aucun bien public de la réduction forcée des dividendes.
(1) Troisième édition , page a85.
(a) Quatrième rapport dn Comité des finances. Appendice, n° 17,page 12 5.