— 251 —
quement qu’à un jour donné, il recevrait les soumissions et ad-jugerait l’emprunt à celui qui offrirait les conditions les moinsonéreuses. Il est nécessairement résulté de cette manière de pro-céder, qu’un individu,ouune maison de banque ou de commerces’est constitué le représentant d’une réunion de souscripteurs ,s’offrant à remplir l’emprunt à certaines conditions régléesentre eux et le contracteur ; mais les soumissionnaires ont àveiller non-seulement aux intérêts de leurs souscripteurs , maisencore à leurs intérêts à eux, en leur qualité de contracteurs.Cela provient de ce qu’ils ont souscrit des sommes considéra-bles, sans avoir l’intention de les payer , mais uniquement dansle but de revendre leurs nouvelles inscriptions de rentes avecbénéfices, aussitôt que l’emprunt leur aura été adjugé.
Dès lors, il est de l’intérêt des contracleurs de traiter en rentes3 pour 100, de préférence à d’autres, parce que la grande quan-tité de ces rentes les rend plus favorables aux opérations de laplace ; et de là vient que, quelque concurrence qui puisse s’éta-blir entre les contracteurs, sur le taux de l’intérêt auquel ilsconsentent à effectuer un emprunt, leurs intérêts mutuels lesobligent à s’entendre entre eux, pour forcer le gouvernement àdonner des rentes à intérêt peu élevé.
Ce mode d’effectuer les emprunts en traitant avec des con-tracteurs, fut adoptépar M. Pitt en 1793, à l’instigation de ruséscapitalistes qui, en le lui faisant adopter, n’avaient d’autre butque de s’assurer de gros bénéfices. Ces hommes montrent com-bien ils sont habiles à servir leurs intérêts aux dépens du public,lorsqu’ils disent qu’en demandant que les emprunts soient effec-tués en 3 pour 100, ils se conforment au goût du public pour les .rentes à intérêt peu élevé. Le fait est que ceux qui prêtent leurargent au gouvernement, n’ont d’autre but que d’obtenir un in-térêt raisonnable ; et si on leur laissait comme autrefois la facultéde souscrire aux emprunts, le gouvernement pourrait commealors obtenir des emprunts à des conditions favorables , sous lerapport du taux de l’intérêt, sur l’émission de rentes au capitalégal à la somme prêtée.
Ceci est prouvé par l’expérience des effets de l’ancien moded emprunts. En effet, bien que de 1700 à la fin de la guerre
*