253
CHAPITRE XXIII,
RENTES A TERME.
Les emprunts en rentes à terme ont cet avantage sur toitsles autres, qu’avec une charge annuelle modérée, l’extinction dechaque emprunt est assurée. D’après ce système, le tems faitnécessairement en faveur dès contribuables, ce qui ne se feraitprobablement jamais, si l’on s’en reposait sur les systèmes d’a-mortissement.
Il est vrai que, dans cette hypothèse, il faut un intérêt plusélevé que dans les rentes perpétuelles; cependant cette aug-mentation d’intérêt sera fort légère, si les rentes se font à longterme. Le docteur Price, dans son ouvrage sur les rentes,explique pleinement l’avantage qu’il y a à emprunter en rentesà terme ; voici ce qu’il dit à cet égard : « Il devient évident quele système qui consiste à accumuler la dette dans un proportionsi rapide, et à hypothéquer l’avenir pour en payer l’intérêt, doità la longue avoir des résultats funestes. Cette marche doit avoirun terme, et est d’une nécessité absolue, de ne plus rieu em-prunter si ce n’est en rentes devant s’éteindre dans un temsdonné. Alors il y aura une limite que ne dépassera pas la dettenationale ; et le tems fera nécessairement pour les contribuables,ce qui ne se fera jamais si nous nous en reposons sur ceux quidirigent nos affaires. Je sais que les charges actuelles de l’Étataugmenteraient par l’intérêt plus élevé qu’il faudrait donner enretour de l’argent prêté; mais cette objection ne me paraît pasd’un grand poids; une rente de cent années, équivaut presquedans l’idée d’un homme, à une rente à toujours; il y a plus, lecalcul les assimile presque l’un à l’autre. La valeur d’une rente