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I. La partie de la science de l'économie politique la mieux conçue etlaplus généralement accueillie par tous ceux qui s’en sont occupés, est cellequi pose en principe que les matières premières et tous autres articles etproduits nécessaires aux développemens de l’industrie, ne doivent êtresoumis à aucuns droits. Par ce moyen , les prix des produits industrielssont tenus à un taux convenable, susceptible d’encourager la main-d’œuvrecl l’emploi des capitaux nécessaires à l’exploitation , et de donner des bé-néfices à ceux qui mettent en oeuvre ces deux objets.
Le bas prix amène une plus forte consommation des produits de l'in-dustrie.
Par conséquent l’admission libre des matières premières de commerceet de fabrique est le plus grand bienfait pour l'industrie nationale.
Plus la consommation est grande, plus les produits seront augmentés ;et une plus forte augmentation de produits met en action une plus grandequantité de travailleurs et de capitaux.
Les impôts sur les matières premières de commerce et de fabriqueopèrent en sens inverse des résultats delà libre admission. Ils produisentla hausse des prix, la diminution de la consommation, de l’emploi dutravail, du capital, et enfin le décroissement du montant des bénéficespour les commerçans.
Les principes d’économie politique qui forment la base de celte partiede la science du commerce sont si peu nombreux, si simples et si clairs,et si généralement reconnus par tous les économistes de quelque célébrité,qu’il ne reste aucun doute sur la marctie à suivre pour l’établissement desnouvelles législations en matière de commerce. On ne saurait maintenantproposer l’admission au droit le plus minime d’un article de matière pre-mière ou préparée pour quelque opération industrielle, sans mécon-naître ces principes et sans se rendre responsable des suites fâcheusesqui en résulteraient pour l’intérêt public.
Mais il n’est pas seulement important qu’uue nation mette en oeuvrele plus grand nombre de bras possible, il faut encore que le travail soitle plus productif pour celui qui l’exerce. Ce bienfait est obtenu par-la mise en usage des mécaniques, et la propagation de l’éducationdans la classe ouvrière. Il devient doue indispensable, pour l’encou-ragement de l’industrie et la prospérité d’un pays, que les machines,les outils et les livres soient affranchis des droits d’importation.
Comme les frais des produits des manufactures diminuent, et la con-sommation augmente, à mesure que l’on emploie des machines et quechaque ouvrier devient plus habile à son métier, la nation dont la légis-lation a soumis aux droits les machines fabriquées au dehors et leslivres sur les arts et les sciences publiés à l’étranger, se trouve natu-rellement en dehors de l’accroissement de l’industrie, et par suite, del’accumulation des richesses.
II. En affranchissant de tous droits l’importation des objets indispen-sables à la vie , le salaire de la main-d’œuvre, qui est réglé, pour la plu-part, par le prix des vivres, revient à un taux conforme aux intérêts del’ouvrier et aux bénéfices de celui qui l’emploie. i° Si, en admettant lescomestibles à l’introduction libre et sans droits, il en résultait une éco-nomie d’à peu près cinq pour cent dans les dépenses à faire par l’ouvrier,et si celui-ci recevait la même quotité de salaire , il pourrait faire usagede ces cinq pour cent en achat d’un surcroît d’objets de luxe et d’agré-ment; et, devenant ainsi plus grand consommateur de produits d autresouvriers, il contribuerait K l’encouragement de l’industrie.