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De la réforme financière en Angleterre / par Henry Parnell ; traduit de l'anglais, sur la quatrième édition par Benjamin Laroche
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Gomme les ouvriers dans un pays forment une grande partie de la po-pulation, l’encouragement dont nous venons de parler pourrait avoirune grande influence sur la prospérité nationale,

2° Si la diminution de cinq pour cent sur le prix des comestiblespouvait amener un semblable rabais dans le prix du salaire, il s’en sui-vrait de deux choses l’une : ou le travail ferait plus de bénéfices, ou leprix des marchandises serait réduit en proportion.

Dans l’un ou dans l’autre de ces deux cas, le public en tirerait dél'avantage.

III. Relativement à la troisième division du tarif projeté, on doitsurtout observer que, si c’est avec raison que tous ceux qui ont écritsur l’économie politique, parlant de la protection du commerce et desmanufactures, ont dit que toutes les tentatives pour asseoir la prospéritéd’un pays sur l’imposition d’un droit excessif à l’entrée des produitsétrangers avaient été ruineuses; et si, par le fait, la théorie de prospé-rité nationale sur laquelle ces tentatives ont été fondées s’est trouvée er-ronée, il s’ensuit qu’en imposant des droits sur les articles de luxe, onne doit avoir d’autre but que d’augmenter les ressources de l’État.

Il résulte de tout ce qui précède qu’il faut distinguer ce qu’on devraitde ce que l’on peut faire après l’abandon complet de tous les vrais prin-cipes de législation commerciale depuis un si long laps de teins.

Ce que la France et l’Angleterre auraient peut-être de mieux à fairedans l’état actuel des choses, serait de reconnaître, premièrement,quelle est la marche convenable de la législation suivant les vrais prin-cipes, et de s’en rapprocher ensuite le plus qu’elles pourront par lesmoyens les plus propres à diminuer autant que possible et les inconvé-niens et les pertes des individus qui auraient employé leurs capitaux surla foi de la protection des lois.

L’intérêt public demande néanmoins qu'on ne diffère pas de mettre lamain à une si grande œuvre ; car il est incontestable que tous les béné-fices que certains individus peuvent retirer de la prohibition sont acquisau détriment du public eu général.

Personne ne pourrait nier que les profits des producteurs de laines,de soies écrues , de cuirs et peaux, de bestiaux, blés, etc., par les hautsprix de ccs articles, en raison des droits à payer par les productionsétrangères, que ces profits ne soient obtenus au détriment du public.

Tous les ouvriers , les fabricans, les capitalistes , sont atteints par cesdroits. Le mal est général; il tombe à la charge de toutes les classes in-dustrieuses et consommatrices des produits du commerce et des manufac-tures protégées; tandis que les profits dont il s’agit sont partiels, etforment le partage seul de certains particuliers faisant le commercé ouconduisant des fabriques sous l’empire de la prohibition.

Tout ce que nous avons dit à l’égard des droits payés sur les matièrespremières de l’industrie s’applique également aux produits des ma-nufactures qui auraient repu une première main-d’œuvre préparatoiredans une manufacture étrangère, comme le colon filé, l’organsin, lespréparations chimiques, les machines, les livres, etc., etc. Ces objets etd’autres semblables sont necessaires aux progrès de l’industrie et à laprospérité nationale, et leur assujettissement au paiement des droits lors-qu’ils sont importés de l’étranger, est un mal évident et matériel. Les me-sures b prendre sur ces objets par les gouvernemens anglais et françaissont, à notre avis , de provoquer des lois qui aboliraient par degrés tousces droits, et d’aplanir par ce moyen les obstacles à l’emploi du travail,