— 266
des capitaux, et à l’augmentation de la richesse publique; et, afind’empêclier les pertes que les capitalistes qui se trouvent engagés dansces brandies manufacturières pourraient essuyer, on devrait ordonner lacontinuation , pour trois ans, de ces droits en réduisant chaque annéele tiers desdits droits. Par cette marche, on donnerait à ceux qui setrouvent intéressés dans de pareilles entreprises tout le tems nécessairepour pouvoir se préparer aux modifications survenues, et éviter lespertes.
Al égard des droits à percevoir sur les objets dont nous Venons deparler à l'article précédent, la chose est différente lorsqu'il s’agit d’im-porter les marchandises étrangères d’une fabrication achevée.
11 est hors de doute que l’intérêt général exige l’abolition de tous cesdroits; mais attendu que des capitaux considérables ont été engagés dansle commerce et les manufactures protégées; que ce système a eu unelongue durée, et qu’il serait prudent de continuer ces droits, par lemotif qu’un système, même vicieux, ayant été mis si longtems enusage, son abrogation subite ne manquerait pas de produire des em-barras et des revers momentanés; attendu enfin que tout gouverne-ment sage doit s’abstenir d’adopter subitement les mesures même lesplus efficaces, lorsqu’elles peuvent occasioner des torts sérieux à une.classe nombreuse de sujets : il s’ensuit que tout changement dans lalégislation commerciale d’une grande nation doit être opéré par de-grés et avec beaucoup de prudence.
11 paraîtrait que, dans la question des droits protecteurs existant enFrance sur certaines marchandises fabriquées, à l ctranger, les torts quele public français en éprouve n’ont d’autre remède que dans la con-currence, en France, des capitaux employés dans le commerce et lesmanufactures protégées.
Le but des droits protecteurs sur les marchandises étrangères estd’exclure la concurrence des capitaux étrangers avec les indigènes sur lesmarchandises du même genre ; mais ces droits n’excluent pas la concur-rence d'un capitaliste indigène avec un autre, qui devient même plusgrande sous l’empire des hauts prix et des grands bénéfices qui sont laconséquence des droits protecteurs,
Alors le cours ordinaire des choses, sous le règne du système prohibi-tif , doit produire une grande concurrence, un surcroit d’emploi de ca-pitaux dans un commerce protégé , et les bas prix.
La position du commerce et des manufactures dans tous les pays quiont adopté le système prohibitif prouve l’exactitude de toutes ces asser-tions : les droits protecteurs y produisent, il est vrai, la hausse des prixpar l’exclusion de la concurrence étrangère : mais ces hauts prix sont loinde donner de gros bénéfices, à cause du déficit des capitaux et du défautd’habileté et d’expérience qui arrive en général dans un commerce pro-tégé. Aussitôt, ensuite, que Les capitaux se trouvent, que l’habileté etl'expérience ont été acquises, les prix fléchissent proportionnellement, etles bénéfices suivent la même direction. Tous les premiers aventuriers,sons le règne d’un système prohibitif, ont langui longtems dans les af-faires , ou au moins ils ont eu de grandes difficultés à vaincre pour éviterdes pertes ; et en effet, aûcun commerce ni manufacture u’out prospéréque lorsque les prix ont atteint leur niveau naturel, et que toute la puis-sance d’action mal dirigée a été anéantie par la concurrence indigène.
Avant l’union de l’Angleterre à l’Irlande, la législation irlandaise avaitétabli le système, des droits protecteurs, afin d’exclure les produits des.