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fabriques anglaises et de protéger les irlandaises. La législation anglaise jpar voie de représailles, défendit l’admission des produits des fabriquesirlandaises ; par cette mesure, les fabriques illandaises n’eurent d’autredébit que sur les marchés d’Irlande. Malgré l’emploi de capitaux consi-dérables dans les fabriques de toute espèce , malgré les meilleures méca-niques et l’emploi d’ouvriers amenés d’Angleterre, les entreprises n’yeurent pas de succès; les produits y dépassaient toujours les de-mandes; des quantités considérables de marchandises anglaises étaient enoutre importées en fraude en Irlande : les prix , quoique très-hauts, yvariaient toujours ; les bénéfices nets étaient insignifiants, et toutes lesbranches de fabrication étaient tombées dans le malaise. Aussitôt aprèsl’abolition entière des droits protecteurs, en 1826 , les fabriques de cotonet de laine commencèrent à prendre de l’essor enlrlande-.cesétablissemensontbeaucoup augmenté, et toutes les manu factures en géuéral y prospèrent,
La situation du commerce et des manufactures protégées en France ,malgré tous les avantages que la nature a prodigues à cette belle contrée,est maintenant dans un état si peu conforme à ce qu’on aurait lieu d’enattendre , qu’elle prouve pleinement la justesse de nos remarques.
C’est une erreur de croire que la stagnation du commerce et des ma-nufactures soit un indice de la situation précaire de la nation. Les capi-talistes qui se trouvent engagés dans un commerce languissant souffrentsans doute ; mais comme la cause immédiate de leurs souffrances est lebas prix, le public en profite. Mais ce qui importe le plus , c'est que labaisse des prix prouve que la nation se relève rapidement d’un état demalaise amené par les droits protecteurs, et quelle parviendra bien-tôt à une telle abondance de produits, et à des prix tellement bas,qu’elle n’aura rien à craindre de la concurrence étrangère.
La méthode à suivre pour savoir jusqua quel point il serait con-venable de reconnaître les principes posés comme base d’nn tarif bienétabli, serait de diviser les manufactures de France dans les classessuivantes :
i° La première classe devrait comprendre les branches de com-merce et les manufactures dans lesquelles se trouvent engagés descapitaux considérables et qui donnent de l’occupation à un grand nombred’individus,
Pour celles-ci les droits protecteurs devraient être continués.
2° La seconde classe devrait comprendre les branches de commerce etles manufactures dans lesquelles se trouvent engagés des capitaux moinsconsidérables, et qui donnent du travail à un moindre nombre d’in-dividus.
Pour celles-ci on devrait continuer les droits protecteurs pour cinqannées, en diminuant leur montant par tiers dans les trois dernièresannées.
5° La troisième classe comprendrait les branches des manufacturesdans lesquelles les matières brutes reçoivent une première main d’œuvrepréparatoire pour les rendre propres à la fabrication ; tous les articlesde comestibles, les outils de mécaniques, les livres , les instrumens descience, etc.
Les droits protecteurs qni existent pour ces objets continueraient pourtrois années, et seraient diminués par tiers , chaque année , jusqu’à par-faite abolition.
4° La quatrième classe comprendrait toutes les branches de manufac-tures qui ne sont pas en activité en France et celles qui peuvent entrer en