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HISTOIRE
la maison; il fournissait pour l’étable les premières vaches,les premiers pores avec leurs petits, et pour la basse-courle coq et les poules. Des colons étrangers demandaient-ilsà se fixer sur ses terres, le seigneur leur donnait des ravinset des pâturages montagneux à défricher ou des forêts viergesà éclaircir. Souvent même il cherchait à attirer ces défri-cheurs par dos privilèges considérables qui valurent à cescolons le nom de francs-montagnards ou francs-hèbergéants,dans cette partie de la Suisse qu’on appelle aujourd’hui leJura bernois et nouchàtelois. C’est à des défrichements dece genre que doivent leur origine quantité de villages de laSuisse allemande et française, dont les noms rappellent cemode de formation (‘).
L’institution des bourgeoisies fit beaucoup dans la suite pourle progrès des peuples et de la liberté. Mais aux X° et XI"siècles, les villes bourgeoises sont encore faibles, peu richesen priv ilèges et commencent seulement à fleurir sous la pro-tection des rois d’une part, à l’ombre des églises de l’autre.Presque toutes les villes de l’ilclvétie ont grandi à l’abri ré-véré d’un cloître, d’un évêché, d’un chapitre de chanoines,auxquels ces villes étaient plus ou moins soumises dans lecommencement. Ainsi Soleure relevait du chapitre de Saint-Ours; SehalThouse, do l’abbaye de Tous-les-Saints; Lucerne,de l'abbaye de Murbach, en Alsace; Coire, Sion, Lausanne,Bàle, Saint-Gall, de leurs prélats; Zurich, do ses chanoinesdu Munster ou Grand-Moûtier, et doses religieuses du Frauen-Miinster ou Moûtiers de Notre-Dame, fondation des fils et petits-fils de Charlemagne. Cette dernière ville était la plus impor-tante. Illustrée par les séjours de Charlemagne, des empe-reurs de la maison de Saxo et de Frqjiconie, elle vit en 1056l’empereur Henri 111 y célébrer ses noces avec Berthe dcMont-ferrat, et l’anticésar ( a ) Rodolphe de Rheinfelden y établir sa
(I) Schwlindi et RÏUl viennent de schicanden , qui signifie défricher encoupant les arbres, et de ruten, défricher en y mettant le feu. Parmi lesnoms des autres villages, les uns tirent leur origine de celui de leurspropriétaires, de l’exposition du sol ou de la nature des terrains, commel'indiquent les finales ingen, ofen, berg, ried, bach; ou des animaux sau-vages dont la contrée était peuplée, comme Ilvnd-toyl, Hirsch-berg. lienest de mémo dans la Suisse française, où le mélange des noms celtiquesavec les noms latins et romans rend seulement la connaissance des ori-gines ou étymologies plus difficile : Rouge-mont, Dom-Didier, Cour-Rendlin. Albeuve iYalba aqua.
Anticcsar ou empereur opposé à l’empereur légitime, comme on dit