et, sans aucun doute, l’application, dans une certaine limite,de toute méthode figurative, préparerait utilement à l’en-seignement de l’histoire ; à cet égard, d’heureux résultatsont déjà été obtenus dans les écoles communales de la villede Paris; mais ils ne donnent point la solution entière duproblème.
c. Quelle que soit, en effet, l’excellence des méthodes, ilest impossible de retenir avec précision et dans un ordreexact tous les noms et toutes les dates qui constituent lachronologie proprement dite; même en se restreignant à unpetit nombre d’indications principales, on ne s’en souvientque pendant un certain laps de temps; encore faut-il joindreà l’effort de la mémoire celui de la réflexion, et, malgré soi,le doute finit toujours par prévaloir ; vous venez de vousassurer que Néron est mort l’an 68 de J.-G.; que Marc-Aurèle est monté sur le trône l’an 161 ; si, dans six mois,quelqu’un affirme devant vous que Néron est mort en 67 etque Marc-Aurèle a succédé à Antonin en 162, vous hésiterezà maintenir votre opinion, avant d’avoir de nouveau vérifiéle fait par vous-même. Les hommes les plus instruits nesont-ils pas souvent embarrassés sur des dates qu’ils ontsues, et qui se sont peu à peu effacées de leurs souvenirs ;ils vous diront que Racine, Bourdaloue et Bossuet étaientcontemporains, qu’ils sont morts vers la même époque, maispourront-ils certifier, pris à l’improviste, que Bourdaloueest mort avant Bossuet, ou Bossuet avant Racine; demandez-leur si Copernic a précédé Philippe de Comines, si Fontenellea vécu plus tard'que Duclos : multipliez les questions de cegenre, et rarement vous aurez une réponse positive.
Si, pour des noms aussi célèbres, on ne peut se garantirde toute incertitude, que sera-ce donc lorsqu’il s’agira devingt ou trente mille dates ; vous serez sans cesse obligéde consulter des ouvrages spéciaux ou de grandes collec-tions, telles que ÏArt de vérifier les dates, pour les succes-sions chronologiques ; et pour l’époque de la naissance etde la mort des hommes illustres, quelque dictionnaire his-torique, la Biographie universelle, par exemple, où ces in-dications sont perdues dans une foule d’autres détails; lesrecherches deviennent longues et pénibles, et, la plupartdu temps, on ne veut pas se donner la peine de compulser