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l’élection et la prédestination, devait nécessairementconduire à l’aristocratie dans un Etat théocratico-pôli-tique, tel que celui de Genève. L’élection, la grâce ac-cordée au petit nombre en religion, menaient tout droiten politique à l’oligarchie, à l’aristocratie bourgeoise.La liberté qui devait sortir de là ne pouvait être querestreinte, impopulaire et suspecte à la masse du peuple.Celle-ci, à mesure qu’elle s’éclairait un peu, demandaitcompte de ce système, et manifestait son méconten-tement contre des tendances exclusives. De là les tirail-lements, les querelles, les prises d’armes. Le peuplese servait à son tour d’une arme que lui avait fourniele protestantisme, l’esprit d’examen, et c’est de ceprincipe que devait sortir notre système politique mo-derne, la république. Jean-Jacques Rousseau fut l’apôtreéloquent et nécessaire de cette nouvelle foi politique.Dans Y Emile et dans le Contrat social, il refait l’éduca-tion de l’homme et de la société. Il réédifie là où Vol-taire et les encyclopédistes n’avaient fait que détruire.Il commence à ramener l’homme à sa nature et à sesdevoirs, renverse le dogme de l’égoïsme, et le remplacepar celui du dévouement social. Puis, il discute le droitdes nations à poser les bases de leurs gouvernements ;il proclame la souveraineté du peuple, et fait tombertoutes ces fictions intermédiaires entre la monarchie oule despotisme, et la démocratie, au moyen desquellesl’aristocratie bourgeoise aurait voulu continuer son èreet se perpétuer au pouvoir. Il est facile de comprendrela masse d’idées que, dans les républiques très-mal