Genève, en 1762. C’est l’éloquence de ce citoyen quiprocura leur triomphe. Et cette éloquence elle-même,qu’était-elle autre chose que le fruit de son éducation,de ses luttes, de ses méditations sur sa patrie, sur sajeunesse, sur ses misères? A ce titre, notre illustre com-patriote nous appartient tout entier. Il ne pouvait êtreRousseau qu’à Genève, commeDémosthènes ne pouvait,être Démosthènes qu’à Athènes 1 .
Dans ses autres écrits, on voit encore dominer l’inspi-ration du sol. L’idée de la Nouvelle Héloïse lui vintdans une course de deux ou trois jours à Vevey, durantlaquelle une douce émotion ne le quitta point. « L’aspectdu lac et de ses côtes eut toujours à mes yeux, dit-il,un attrait particulier que je ne saurais expliquer. Dansce voyage de Vevey, je pris pour cette ville un amourqui m’a suivi dans tous mes voyages, et qui m’y a fait
le citoyen Covelle fils de fléchir le genou en Consistoire. On publiaà cette occasion de nombreux écrits :
1° La Génuflexion ; imprimé à Neuchâtel, et se débite à Carouge.
2° La Vérité, réponse à l’auteur delà Génuflexion; à Alétopolis.
3° Observations de M. le prof. Turettin sur quelques écrits relatifsà l’affaire du sieur Covelle ; Yverdon.
4“ Lettre à M■ Covelle le fils, citoyen.
5° Seconde Lettre à M. Covelle le fils.
6° Lettre d’un citoyen à un citoyen, par l'avocat Vasserot.
7° Courtes réflexions adressées à l’auteur des Lettres d’un citoyen à uncitoyen, par M. Hornecca et M. Vernes; Lyon.
1. L’éloquence de Rousseau ressemble quelquefois singulière-ment à celle du prédicateur en chaire. On a fait la remarque que laseconde partie de la Nouvelle Héloïse tenait plus du prêche que duroman. S’il fût demeuré à Genève, s’il eût suivi, comme tant de sescompatriotes, la carrière ecclésiastique, cette éloquence, qui a con-