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Parmi les ouyrages de politique et de polémique deM me de Charrière, nous remarquons les Lettres d'unévêque français à la nation (1789), les Eclaircissementssur les Confessions de Jean-Jacques Rousseau; lesLettres trouvées dans la neige (1795), Ce dernier écritest un avis aux Neuchâtelois, qui paraissaient disposésà donner en plein dans les principes révolutionnairesfrançais. M me de Charrière voulait les avertir du dangerqu’ils couraient en abandonnant un état politique tolé-rable, pour se lancer dans une voie pleine de périls etd’incertitudes. « Le gros des Neuchâtelois, dit-elle, negoûta pas beaucoup ces lettres. Elles étaient trop sim-ples pour leur goût. Ils sont toujours portés à croireque ce qui est simple ne renferme rien d’intéressant ;qu’un objet précieux ne peut être présenté que dansune boîte chargée d’ornements, et qui s’ouvre avecpeine. Mon Dieu ! à la bonne heure ! Avec le goût qu’ilsmontrent, leur approbation n’est pas quelque chosequ’on puisse beaucoup priser. Aux montagnes, mesLettres ont plu beaucoup, même à de zélés bonnetsrouges. De Berne aussi on m’écrit qu’on en est fortcontent. Au reste, ceci est plutôt l’avis d’un particulierque du public. Je continuerais si j’y voyais quelqueutilité; mais me faire applaudir un peu, et un peu re-mercier, ne vaut pas la peine d’écrire. »
M me de Charrière, qui avait réellement à cœur le biendes populations suisses au milieu desquelles elle vivait,crut devoir écrire, en 1796, au Gouvernement de Berne,une défense ou apologie du Pays de Yaud. Elle indi-