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quait au patricial bernois les moyens par lesquels ilpouvait encore, en proclamant les libertés réclaméespar les Vaudois, se faire de cette nation un boulevardcontre l’invasion française. Elle invita le docteur Favrede Rolle, homme populaire et considéré à Berne, decomposer quelque chose pour prémunir ses concitoyenscontre les dangers d’un appel aux Français. Le docteurFavre répondit qu’il était trop tard, et que rien ne pou-vait plus arrêter le cours de l’intervention et de l’oc-cupation française. M” e deCharrière faisait à cette occa-sion sa confession de foi politique :
« Je suis née républicaine, et mon chagrin, dans monpropre pays, était de voir le stathouder et les étrangerstrop puissants, l’esprit de liberté frappé de léthargie.Chez nous, les nobles, quoique plus distingués des ro-turiers que partout ailleurs, puisqu’il ne peut y avoird’anoblissement, et qu’ainsi aucune nouvelle famillene peut venir partager le privilège des anciennes (commec’est le cas en Suisse, où chaque jour des marchandsenrichis deviennent barons); chez nous, dis-je, lesnobles n’ont presque point de privilèges qui pèsentsur le peuple. Certaine part au gouvernement, à laquelleseuls ils peuvent prétendre, un droit pour ainsi direinné à la chasse, lequel droit peut être accordé cepen-dant par le prince d’Orange à des roturiers ; voilà à quoitout se bornait. Mais ce droit de chasse, tel que l’avaientnos gentilshommes, et qui me faisait définir la noblessele droit de chasser, me paraissait odieux, et quoiqueje n’aie vu personne en abuser, je m’en suis souvent