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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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quait au patricial bernois les moyens par lesquels ilpouvait encore, en proclamant les libertés réclaméespar les Vaudois, se faire de cette nation un boulevardcontre linvasion française. Elle invita le docteur Favrede Rolle, homme populaire et considéré à Berne, decomposer quelque chose pour prémunir ses concitoyenscontre les dangers dun appel aux Français. Le docteurFavre répondit quil était trop tard, et que rien ne pou-vait plus arrêter le cours de lintervention et de loc-cupation française. M e deCharrière faisait à cette occa-sion sa confession de foi politique :

« Je suis née républicaine, et mon chagrin, dans monpropre pays, était de voir le stathouder et les étrangerstrop puissants, lesprit de liberté frappé de léthargie.Chez nous, les nobles, quoique plus distingués des ro-turiers que partout ailleurs, puisquil ne peut y avoirdanoblissement, et quainsi aucune nouvelle famillene peut venir partager le privilège des anciennes (commecest le cas en Suisse, chaque jour des marchandsenrichis deviennent barons); chez nous, dis-je, lesnobles nont presque point de privilèges qui pèsentsur le peuple. Certaine part au gouvernement, à laquelleseuls ils peuvent prétendre, un droit pour ainsi direinné à la chasse, lequel droit peut être accordé cepen-dant par le prince dOrange à des roturiers ; voilà à quoitout se bornait. Mais ce droit de chasse, tel que lavaientnos gentilshommes, et qui me faisait définir la noblessele droit de chasser, me paraissait odieux, et quoiqueje naie vu personne en abuser, je men suis souvent