208
médecine. On dit que l’eau commune a perdu tout créditdepuis le docteur Sangrado. C’est un bonheur pour lesmédecins qui en savent faire usage, qu’une telle pertesoit faite dans le public. Si le quina avait perdu le sien,il ferait la fortune de celui-là seul qui en saurait user. »Au nombre des notabilités scientifiques de la Suissefrançaise, il ne faut pas oublier le trop fameux Marat, quifit de la physique avant de faire de la politique. Né àBoudry, dans le Pays de Neuchâtel, en 1744, d’un pèrequi était originaire de Cagliari dans l’Ile de Sardaigne 1 ,Jean-Paul Mara, qui signa plus tard Marat, fit ses pre-mières études à Neuchâtel 2 . Il était peu aimé de ses com-pagnons de classe, qui même le maltraitaient parfois.
1. Les Mara étaient originaires d'Espagne, et c'est de ce paysqu'ils sortirent pour aller s’établir en Sardaigne. Le 7 mars 1741 ,Jean, fils d’Antonio Mara, de Cagliari en Sardaigne, fut reçu habi-tant à Genève, en satisfaisant à la Bourse italienne et au serment.Jean Mara eut, entre autres enfants, Jean-Paul Mara, le conven-tionnel, Jean-Pierre Mara, né à Neuchâtel, et une fille. Ce frère duconventionnel était un habile fabricant d'aiguilles de montres et decompensateurs. Il est mort récemment à Carlsruhe, à l’âge de 90ans. Sa postérité existe encore à Genève.
On lit dans les registres du Conseil de Genève, sous la date du17 décembre 1792 :
« Le Conseil, vu la requête du sieur Jean-Pierre Mara, né àNeufchâtel, fils de feu Jean Mara, habitant, aux fins d'obtenir leredressement de l’erreur qui s’est glissée dans le registre des habi-tants, où son père est inscrit sous le nom de Maxa, au lieu deMara, qui est son vrai nom, comme il l’établit par le registre de laBourse italienne; ouï le rapport de noble Rocca; arrête d'accorderau requérant sa demande, et de faire la correction susdite. »
2. On lit sur des livres de collège qui lui ont appartenu : J.- P.Marat, étudiant en humanité.