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veau Journal helvétique le jugeait tout différemment :« Quand vous ne connaîtriez pas le beau travail deM. Marat sur l’électricité, disait ce recueil 1 , le nomseul de cet habile homme, à la tête d’un ouvrage de cegenre, suffirait pour annoncer qu’il est rempli de re-cherches approfondies et de découvertes importantes.L’auteur a toujours l’art de s’ouvrir des routes nou-velles. Jusqu’à lui, l’électricité était dans un chaos af-freux. Les principes lumineux qu’il développe, sonstyle si clair, si précis, si pur, font du livre deM. Maratun livre classique. »
Les Recherches physiques sur le feu ne sont pasappréciées moins favorablement : « Voici donc un ou-vrage élémentaire sur une branche de physique si long-temps cultivée sans succès! Par une méthode aussisimple qu’ingénieuse, M. Marat est parvenu à rendrevisible le principe de la chaleur, dégagé du principeinflammable, au moment où il s’échappe avec violencedu corps combustible qu’il consume, ou qu’il se dégagepaisiblement des corps inaltérables qu’il a pénétrés 2 . »
La carrière politique de Marat appartient à la France,et nous n’avons pas à nous en occuper. Nous citeronspourtant encore le premier ouvrage qu’il composadans cette nouvelle direction, les Chaînes de l’escla-vage. Ce livre, qui parut en français en 1792, n’étaitque la traduction d’un livre que Marat avait publié,dit-on, en anglais en 1774. Ce livre (que nous n’avons
1. Numéro de juillet 178-2.
2. Numéro d'août 1782.