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le réconcilier avec l’Eglise romaine. Maubert refusa,et l’interdiction qui pesait sur son ouvrage fut mainte-nue. Pour le dédommager, ses protecteurs bernois luiprocurèrent, en 1755, la bourgeoisie d’Allaman, dansle Pays de Vaud, avec des lettres de naturalisation etune patente d’avocat. Mais il eut le malheur, paraît-il,de se brouiller avec les professeurs en théologie de l’Aca-démie de Lausanne, et Voltaire l’accusa de lui avoirdérobé des manuscrits 1 . Pour éviter d’ultérieurs en-
1. Cette affaire fit en son temps beaucoup (le bruit dans la ré-publique des lettres. Les mésaventures de Maubert de Gouvest selient à l'histoire du manuscrit de la Pucelle d'Orléans, dont Voltairea parlé longuement et qui occasionna tant de scandale. Le libraireGrasset de Lausanne, qui fut compromis dans cette même affaire,et au sujet duquel Haller écrivit à Voltaire cette lettre remarquablequi a été souvent citée, nous a laissé là-dessus des détails curieux,dans des mémoires manuscrits qui sont entre les mains de safamille.
« J’avais séjourné deux ans à Paris, dit-il, comme représentant dela maison Bousquet. J’allais partir pour l’Espagne, quand M. deVoltaire me fit l’honneur de m’écrire à Lausanne plusieurs lettresobligeantes et amicales II me marquait qu’il avait des avis certainsque je me disposais à imprimer la Pucelle, ouvrage dont j’avais en-tendu parler vaguement à Paris. Je lui répondis qu’il était mal in-formé, et qu’il suffisait qu’il y eût dans ce livre des infamies pourme faire renoncer à l’imprimer; que d’ailleurs j’allais partir pourl’Espagne, où l'on n’entendait pas raillerie sur ces sortes d’articles.Malgré ces protestations, M. de Voltaire me fit écrire, le 10 juin1755, par M. Colini, son secrétaire :
« M. de Voltaire sait qu’il y a à Lausanne une copie extrêmementincorrecte de ce manuscrit Si ceux qui le possèdent avaient vouluavoir le véritable ouvrage, qui est du double plus considérable,j’aurais pu le leur procurer avec la permission de l’auteur. »
» Le 18 juillet suivant, M. Colini m’écrivait encore :
« Vous ferez fort bien de venir vous présenter vous -même à une