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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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était cultivée en Suisse par les patriciens, dans unbut pratique. Elle faisait aussi le délassement des gen-tilshommes du Pays de Vaud ; mais ils gémissaientde voir que leurs talents étaient perdus pour leurpatrie. La carrière des fonctions publiques leur était àpeu près fermée. Toutes les charges un peu importantesétaient pour les Bernois. La noblesse vaudoise ne vou-lait pas des places inférieures de châtelains, de lieute-nants, de baillis et de greffiers ou de commissaires defiefs. Elle les laissait aux bourgeois des petites villes,et il ne lui restait à elle dautres ressources que dallerservir dans les régiments suisses, Berne voulait bien

seigneur-lieutenant et ancien syndic, vint lui-même me délivrer.Je courus chez les quatre syndics régnants, MM. Chouet, Favre,Cramer et Trembley, pour les remercier de la prompte justice quilsmavaient rendue. Douze jours après, je partis pour Marseille, jemembarquai pour Alicante, et je ne sus plus ce qui se passait àGenève. »

La maison Bousquet, à laquelle Grasset était attaché, ayant étéaux informations, reçut de M. P Covelle une lettre dans laquelleil protestait que c'était lui-même qui avait remis à M. Grasset dix-sept vers de la Pucelle dOrléans; quil les avait copiés du qua-trième chant « que je tenais du sieur Haubert de Gouvest, et que jefis lire à JL Grasset, » ajoute Covelle.

La maison Bousquet obtint des déclarations qui mettaient sonemployé hors de cause dans cette affaire assez obscure. Il paraîtrésulter de ces faits que Voltaire, sachant ou croyant savoir queGrasset était détenteur dun manuscrit ou de fragments de sonpoëme, tendit à ce libraire une espèce de guet-apens pour le ra-voir. On sait que la Pucelle dOrléans fut imprimée à Bâle en 1755,sous la rubrique de Louvain, sur un manuscrit incomplet quavaitMaubert de Gouvest. Cest du moins la version qui a prévalu.Grasset ne serait pas la seule personne que Voltaire aurait chargéedans sa correspondance de méfaits imaginaires.