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lui laisser quelques places, ou même d’accepter desemplois de précepteur chez des seigneurs étrangers.
Quoi donc d’étonnant si l’histoire nationale n’a pasété mieux connue et écrite de meilleure heure dans nospays romans? Le peu qu’on en savait suffisait aux be-soins. En 1666, Plantin donna le premier une histoirede la Suisse en français ‘. Elle se lit encore avec plaisir,à cause de la naïveté du style, et parce qu’au fond l’au-teur est savant et de bonne foi. Avant lui, InnocentGentillet, auteur du Bureau du Concile de Trente favait traduit en français la République des Suisses, deJosias Simler 2 . La première histoire de cette nation,,en style français moderne, est celle d’Alexandre-Louis,de Watteville, bailli de Nidau 3 . Elle s’arrête au dix-septième siècle. L’auteur ne donne que des faits cer-tains et prouvés par des titres authentiques. Il y a peude descriptions pittoresques, peu de réflexions, maisl’on est sûr de ce qu’on lit. En 1766, un magistratd’un pays voisin de la Suisse, Philibert, prêteur royalà Landau, donna aussi en deux volumes une histoiredes Révolutions de la Haute-Allemagne, contenant lesligues et les guerres de la Suisse. Elle s’arrête en1468 ; mais ce qu’on en a est recommandable. Plusartiste et plus enthousiaste que Watteville, Philibert selivre à des développements oratoires, et se passionne
1. Abrégé de l'histoire de Suisse. Genève, 1666; in-8°.
2. La première édition est de 1578. Anvers; in-8°.
3. Histoire de la Confédération helvétique. Berne, chez Gotl-schall et C e , 1754; et Neuveville, chez Marholf et C e , 1768. 2 yol.in-8°.