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bien à l’hôpital de Fribourg, et voulut être enterré aumilieu des pauvres :
C’est ainsi que Python, dans son emploi de juge.
De ceux qui lui donnaient était le grand refuge ;
Mais qui, pour se sauver de l’éternel tourment,
Aux pauvres son bien donne en un saint testament.
Ces vers ne sont pas patois. Ils ont la prétentiond’être français; mais Fribourg n’avait pas fait de biengrands progrès dans la prosodie depuis le Carnaval dela Barbarie. Qu’on en juge encore par les suivants :
O cité de Fribourg! ma chère Uchtlandie,
Tu restes dans les fers par trop de modestie.
Quoi ! ne pourrais-tu pas, par un effort puissant,Vaillamment secouer un joug aussi pressant,
Que t’imposent ceux qui, déjà dès plusieurs lustres,Comme de grands voleurs se sont rendus illustres?...Le bon Guillaume Tell, grand arbalétrier,
Fut-il, tuant Gessler, coupable meurtrier?
Tell, par sa flèche ôtant au fier Gessler la vie,
Délivra d’un tyran lui-même et la patrie_
L’intrigue du Tocsin (imprimé en 1783, à Fribourgen Suisse, dit le titre, « aux dépens de la bourgeoisiegénérale»), est fort simple. Elle est dans le genre duLutrin. Quelques Secrets ( c’est ainsi qu’on appelait lesmembres de l’aristocratie restreinte ou de la bourgeoisiesecrète) veulent enlever un coffre qui contient les titreset les franchises des Fribourgeois.
Le coffre est enlevé ; mais soudain la DiscordeCourt chez le chancelier l’avertir du larcin :
Il court, crie, en son lieu le ramène à la fin....