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mation qui accusait « les princes français de n’avoir passu honorer leur rang par des vertus et leurs malheurspar des exploits, » assertion certes bien justifiée parl’histoire : « C’est le trait d’un lâche, s’écrie Mallet,que d’injurier les malheureux, et lorsqu’on considèreque c’est contre ses anciens maîtres que Bonaparte sepermet ces atrocités, les expressions manquent pourles caractériser. »
Ce langage décelait une extrême âpreté, quand déjàle gouvernement consulaire était complètement orga-nisé, quand son influence réparatrice se faisait sentirpartout. Mallet-Dupan avait au fond du caractère tropd’équité pour ne pas se raviser. Aussi, quelques joursavant de mourir, traçait-il dans le dernier numéro duMercure britannique, en disant au public un dernieradieu, ces lignes remarquables :
« Un pouvoir protecteur a paru. Nous avons une mo-narchie sans dynastie; l’autorité est plus forte, plusconcentrée qu’elle ne l’a jamais été, et son action estassez habilement combinée pour qu’aucun genre detyrannie ne lui soit nécessaire. Le grand problème dela souveraineté du peuple est enfin résolu. Elle existedans le choix des hommes qui doivent composer la puis-sance publique, pas au-delà. Il me semble que Bona-parte remplit toutes les conditions désirables en ce mo-ment , aussi bien que le permettent les circonstancesdifficiles où il se trouve. »
L’écrivain politique qui, à quelques mois de distance,se déjugeait ainsi, n’était certes pas infaillible, et il de-