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au profit d’un patriciat égoïste, toutes les anciennesfranchises et les libertés du Pays de Yaud. On n’y trou-vait plus la moindre trace des anciens Etats et de l’an-cienne Constitution. Tout se faisait par Berne et pourBerne 1 . L’avoyer de Mulinen répondit, en décembre1797, aux livres de La Harpe et de Cart. Il s’attachaità prouver, par l’examen de milliers de titres et de char-tes, que l’ancienne Constitution vaudoise qu’on reven-diquait comme ayant été octroyée par le comte Pierrede Savoie, le Petit-Charlemagne, n’avait jamais existé,et que les anciens Etats de Vaud étaient un mytheinventé par la philosophie libérale du dix-huitièmesiècle 2 . Toutes ces questions, que le baron d’Estavayeret le baron de Grenus ont reprises et examinées à nou-veau dans des temps plus calmes, étaient considérées,en 1798, au point de vue de l’actualité bien plus qu’aupoint de vue historique.
Tout Bernois qui savait quelque peu écrire en fran-çais, croyait devoir, par patriotisme, dire son mot dansun moment aussi solennel. Charles-Victor de Bonstet-ten, qui était alors bailli de Nyon, fit entendre dansplusieurs courts écrits, aujourd’hui oubliés, des parolesgénéreuses, conciliantes et cependant fermes. Le colo-nel de Weiss, bailli de Lucens, qui avait obtenu ré-
1. Essai sur l’ancienne Constitution du Pays de Vaud. Paris, 1766;2 vol. in-8°. F.-C. La Harpe publia à cette époque une très-grandequantité de pamphlets, de brochures et d’articles de journaux.Leur énumération nous entraînerait trop loin.
2. Recherches historiques sur les anciens Etats du Pays de Vaud.Cerne, 1797 ; in-8°.